lundi premier mai 2017

Hier soir un souffle familier venait caresser ma nuque, un sourire se dessinait sur mon visage, je dirigeais mes yeux vers lui et le redécouvrais, encore et encore. Depuis deux mois je le contemple, impossible de m'en dégoûter. Ilhan est un monde à lui tout seul. Quand je pense à nos premiers échanges, tout deux fascinés par la similitude de nos yeux en forme d'amande. Ce doit être pour ça que son regard me fait tant d'effet, j'y assimile tant de choses. J'ai appris à profiter de l'instant présent, car avec lui rien ne dure. Je sais que notre amour est vrai, qu'il dépasse le stade du contrôlable, mais nous ne nous sommes encore jamais dit je t'aime. Aucun de nous n'ose le faire même si les sentiments ne manquent pas. Alors je prend mon courage à deux mains et j'oublie tout ce qui me ralentit. Tout ce qui s'est passé aujourd'hui, il a cette facette de lui qui m'effraie. Inconsciemment il détruit petit à petit notre relation. Mais la façon dont nous étions hier soir me pousse à croire en nous deux, me pousse à faire ce que je m'apprête à faire.

21:00: Je suis seule dans la rue où il habite, je médite chacune de mes paroles, chacun de mes gestes. J'essaie d'anticiper tout les scénarios possibles et d'éviter la catastrophe.
Je suis face à sa porte, je n'ose pas l'avertir de ma présence, j'hésite à faire demi-tour. Tout me revient, nos moments de complicité, nos regards, nous. Je sonne. Aucun bruit. Je sais qu'il est là, j'attendrais jusqu'à qu'il m'ouvre. Cinq minutes plus tard il ouvre, l'air de rien, sans s'excuser. Je prend sur moi et me permet d'entrer. Je suis face à lui et j'oublie tout mes scénarios, rien ne me reviens.

Je reste douce dans mes paroles, lui est froid, voir désagréable. J'en ai marre, tout ceci me ronge, je deviens à mon tour agressive. Le ton monte de mon côté. Quand je lui demande ce qui lui arrive, ce qui se passe en général il se contente de me dire qu'il ne savait pas, que ça n'allait pas fort en ce moment. J'ai honte. Ilhan était mal et je ne suis même pas capable de l'aider, même pas capable d'être à la hauteur. J'essaie de le réconforter et de lui dire que je suis là, qu'il doit savoir à quel point je le comprend et qu'il peut tout me dire. C'est bateau mais tout est sincère. Il me regarde dans les yeux et me murmure qu'il a toujours aimé ma voix et mon accent. Nous parlons longtemps. La conversation touche à sa fin et je m'apprête à rentrer chez moi, étant sur le seuil de la porte je me tourne vers lui et lui bafouille un "je t'aime" timide auquel il me répond "bisous" puis m'embrasse. Je reste figée face à lui, incapable de m'en remettre. En plus d'être vexée je suis frustrée. Je rentre et je vide mon sac, tout ces démons qui me hantent depuis tant de temps. Je lui raconte tout, mes pleurs, mes inquiétudes vis-à-vis de nous. Je continue mon monologue, je le vois s'asseoir sur le canapé, plus je parle plus je le vois prendre sa tête entre ses mains. J'achève mes paroles par un "si notre histoire prend fin, ce sera par ta faute". La phrase de trop je pense. Il articule quelque chose que je ne comprend pas alors je m'assoie à ses côtés afin d'entendre. Sa voix tremble, il a l'air perdu. Il me dit qu'il veut nous protéger, qu'il met des distances pour nous éviter de souffrir à cause de nos sentiments. Je réalise ce qu'il vient de dire et je fond en larmes. En me voyant dans cet état il change d'aspect et se veut protecteur. Il prend mon visage entre ses mains et me susurre à l'oreille: tu sais, moi aussi je t'aime. Je pleure encore plus mais pour des raisons différentes. Ce sont des larmes de joie majoritairement. Il me prend dans ses bras et nous restons ainsi pendant un long moment. Nous n'échangeons aucun mot, notre silence est plus explicite.
Il me propose de rester dormir chez lui, j'accepte sans aucune hésitation. Les heures passent et nous ne dormons toujours pas, sûrement trop enthousiastes à cause de la soirée que nous venions de passer. Il me témoigne ses sentiments un nombre incalculable de fois. Nous rions de choses futiles qui nous ont rapprochés, comme nostalgique d'un ancien temps. Nous nous endormons sur un dernier je t'aime.

Me voilà réveillée, trois mois plus tard. Souffrant d'insomnie, souffrant de ton absence. Je souffre d'une manière nouvelle pour moi. Je souffre de mon premier amour et de la tournure qu'à prit notre relation.

Te voilà réveillé, un an plus tard. Souffrant d'une nostalgie, souffrant de mon absence. Tu souffres d'une manière nouvelle pour toi Ilhan. Tu souffre à cause de tes vieux démons et de la fille qui peut-être te changeais les idées, ou que sais-je, tu m'as perdu.