1 À l’époque que l’on pourrait appeler le temps de Michaël, l’homme était dans l’honneur et se tenait dans le feu de la dignité ; sa parole avait une valeur, elle était emplie de sens et d’âme.
2 L’homme éduqué dans le feu savait que sa parole était la manifestation de son intelligence, son être, son âme, sa destinée. La parole était le bien le plus précieux ; elle était la vie qui se transmettait à travers les générations.
3 Le problème que rencontre l’humanité aujourd’hui vient en partie du fait que la parole et la notion de langage n’ont plus du tout de valeur. Les hommes ont perdu le sens, l’intelligence, l’âme des mots. Ils ont oublié que les mots sont vivants, intelligents, qu’ils sont des êtres à part entière.
4 Le mot « dignité » est un monde en lui-même, mais si l’homme perd le sens du mot, s’il ne sait plus le prononcer, il perd sa parole, son âme et ne peut plus être avec la dignité. Ainsi, lorsqu’il prononce le mot « dignité », cela devient même une profanation.
5 Lorsque l’homme parle, il apparaît tel qu’il est. Si sa parole ne veut plus rien dire, cela signifie que lui-même n’est plus rien.
6 L’homme parle d’honneur, mais sa parole est morte, car l’honneur n’est qu’un mot pour lui, un artifice qui lui permet d’apparaître tel qu’il n’est pas. Ainsi, il entre dans le mensonge et la dégradation.
7 Dans l’ancien temps de Michaël, lorsque l’homme disait « oui », c’était un engagement solennel. Il était prêt à donner sa vie pour honorer son « oui », car la parole était plus importante que le corps. Elle ne pouvait être détournée, dénaturée, dégradée ; elle devait demeurer pure et vraie, car elle était ce qui vit au-delà de la mort et passe d’une génération à l’autre sans altération.
8 Lorsqu’un homme était devant un autre homme ou devant un monde, sa noblesse, son intelligence habitaient sa parole. La parole était sa valeur même. S’il perdait cette valeur, il n’était plus un homme, mais un démon à l’apparence d’homme. C’est pourquoi l’éducation de l’homme commençait par l’éducation de sa parole. La parole était rendue vivante, intelligente, magique, créatrice. Avant de dire «oui» ou «non», l’homme pesait le pour et le contre, il réfléchissait, car il savait qu’aucune parole ne

devait être prononcée en vain. Donner sa parole, c’était se donner tout entier. Vous devez reconnaître que ce savoir s’est perdu.
9 Aujourd’hui, que l’homme dise « oui » ou «non», cela ne veut plus rien dire. Tu peux facilement te trouver devant une personne qui te dira «oui» en pensant «non» ou qui te dira «non» en pensant «oui».
10 En perdant la valeur de la parole, l’homme s’est perdu lui-même, il s’est décentré et placé dans un état de déséquilibre permanent. Il ne sait plus qui il est et il prend les illusions pour la vérité. Il ne peut plus s’engager face à une situation ou à un évènement, car il n’a aucun moyen de résister devant ce qui veut l’emporter. C’est pourquoi il ne peut plus prétendre contrôler sa vie et ne peut même pas être certain
de sa propre pensée, de ses envies, de ses décisions. Est-ce lui qui veut ou est-ce un monde qui veut en lui ? Il ne peut plus réellement le savoir, car il s’est désidentifié de la vie.
11 La parole est la vie et la lumière dans l’homme, mais si l’homme perd la valeur de la parole, il perd en même temps la vie et la lumière. Ainsi, quand il dit «oui», il n’y a aucune conscience, aucun corps, aucune vérité dans sa parole, car lui-même n’est plus rien. Il dit «oui» uniquement parce qu’il subit

une influence, qu’il est charmé.
12 L’homme veut réellement aider et il en est convaincu, mais dès qu’il se retrouve seul, les alliances qu’il a conclues avec plusieurs mondes lui rappellent qu’il leur appartient et qu’il ne peut donc pas s’engager sur ce chemin. Il se voit alors tel qu’il est : un esclave, un être indigne qui ne peut même pas honorer sa parole. Alors il se réfugie dans l’inconscience et l’apparence, se justifiant à ses yeux et aux yeux des autres, car il ne veut pas reconnaître qu’il a été dépossédé de son être, de son âme, de sa valeur.
13 Il y a aussi des hommes qui ne sont pas sincères et qui ne vont même pas
attendre d’être confrontés avec leurs alliances pour dire à l’autre «oui», tout en pensant « non » en même
temps. Ils disent «oui» pour dire à l’autre qu’ils ne veulent pas s’associer avec lui, mais sans lui donner d’explications. Ils ne veulent pas faire d’effort pour l’autre, ils ne veulent rien lui apporter, car ils le considèrent comme un étranger à leur vie et ne veulent rien avoir à faire avec lui. Voilà ce que

veut dire leur «oui».
14 L’homme s’isole de plus en plus, pensant qu’il est le seul centre d’intérêt de sa vie et que l’effort envers l’autre nécessite un sacrifice qu’il ne veut pas faire. Il est comme ces enfants égoïstes qui ne veulent jamais prêter leurs jouets. Pourtant, cela ne lui coûterait rien, mais il a un problème de dépossession de son être. C’est pourquoi il ne veut rien partager avec l’autre ; il a peur de perdre le peu qu’il lui reste.
15 Redevenez dignes, réapprenez l’art du langage et de la parole afin de reprendre possession de vousmêmes. Ainsi, vous redeviendrez capables de vous respecter et d’honorer l’autre et de vous imposer face aux mondes qui se mettront entre vous et votre décision.
16 Reprenez vos vies en mains et cessez d’être entièrement dépossédés de vous-mêmes.
17 Il est temps de remettre au goût du jour certaines valeurs ; vous devez vous y employer pour vous-mêmes et pour le monde. Je ne vous demande pas de restaurer l’ancienne parole sacrée qui permettait au langage d’atteindre la dimension magique, mais qu’au moins l’homme, face à certaines situations, s’engage à respecter sa parole. Que son «oui» soit un OUI et que son «non» soit un NON.

18 La parole doit redevenir un acte conscient, vivant, intelligent. Elle doit être porteuse de noblesse, de dignité, de grandeur d’âme qui n’offusquent pas l’autre.
19 La vérité rend l’autre libre, c’est une certitude.
20 Savoir dire « non » parce que cela est vrai, correct, juste, intelligent et bien est la dignité même de l’homme.
21 Savoir dire « oui » à l’autre parce que cela est gratifiant et ennoblissant est source de bonheur et de prospérité.
22 Si, en permanence, l’homme se dissimule derrière des masques et des faux-semblants pour cacher qu’il est un esclave, il est grand temps pour lui d’éveiller sa conscience et de s’incliner devant l’enseignement de la Lumière. L’homme doit maintenant entrer dans l’apprentissage pour la reconstruction de son être.
23 Tout n’est pas forcément à refaire pour l’homme, car il a tout de même acquis de l’expérience. Il est néanmoins certain qu’il y a un grand travail à faire pour le remettre sur le chemin de l’intelligence, et vous ne devez pas en douter.
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