Leur site en france : https://www.syndrome-diogene.fr/

Décrit pour la première fois il y a une cinquantaine d’années, le syndrome de Diogène n’est autre qu’un trouble du comportement. Sa caractéristique principale : une accumulation compulsive extrême d’objets en tout genre, conduisant souvent à une forte négligence de soi-même et de son habitat.

Il n’est pas rare que nous ayons tendance à laisser les objets dits inutiles s’accumuler dans nos placards. Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas jeter nos vieux vêtements, nos bibelots, des outils cassés ou encore jamais utilisés… Même si cette manie peut paraître peu préoccupante, c’est un trouble psychique bien réel : la syllogomanie. En réalité, c’est notre inconscient qui se cache derrière tout cela et plus précisément les peurs et les non-dits.

Qu’est-ce que le syndrome de Diogène ?

Le syndrome de Diogène a été décrit pour la première fois en 1975, bien qu’une première étude en 1966 s’intéressait déjà à des cas relevant de ce trouble. Ce syndrome fait référence à Diogène de Sinope, un philosophe grec du IVe siècle av. J.-C. À l’époque, ce personnage choquait par son attitude et sa façon de vivre hors de toute convention sociale. Il vivait notamment dans une grosse jarre renversée en pleine rue, dans le dénuement le plus total (voir image principale).

Les symptômes du syndrome de Diogène sont nombreux, et peuvent se conjuguer entre eux. Le phénomène d’accumulation d’objets est présent dans la majorité des cas, une pratique également nommée syllogomanie touchant entre 2 et 6 % de la population totale. Il est également souvent question d’une négligence extrême de l’hygiène corporelle et domestique, ainsi que d’un déni de son propre état accompagné d’une absence de honte. Cela peut également conduire à un isolement social et à un refus catégorique de toute aide extérieure, jugée intrusive.

Étudier le profil des personnes touchées

En 2017, une étude française publiée dans le Journal of Aging Research & Clinical Practice s’est intéressée de près à ce trouble du comportement. Une cinquantaine de volontaires âgés de 50 à 93 ans et atteints par ce syndrome ont été suivis. Vivant à Paris, ces personnes avaient été signalées pour des nuisances de type odeurs ou parasites, ou encore pour des risques d’incendie ou de fuite d’eau.

Les objets sont symboliques : ils nous rappellent certaines choses auxquelles nous nous accrochons et, tant que tout n’a pas été clarifié, nous ne pouvons pas nous résoudre à les jeter. Ils représentent également pour nous une solution à de potentielles situations inconfortables : « je le garde au cas où » est typique d’une anticipation inutile de jours qui n’arrivent jamais. La peur de l’avenir ou la nostalgie du passé sont donc tous deux à l’origine de cette accumulation excessive d’objets.

Cette étude a permis d’identifier pas moins de six types de syndrome de Diogène, et ce en fonction des trois symptômes caractéristiques. Ceux-ci sont incarnés par l’accumulation compulsive d’objets divers, la négligence de soi (hygiène) et l’isolement social. Outre le type 1 (le plus lourd) réunissant les trois symptômes à la fois, les autres types sont considérés comme des “syndromes partiels”, intégrant un ou deux des symptômes.

Pour mieux vivre et vous sentir libre dans votre tête, il vous suffit de vous débarrasser de tous ces objets encombrants que vous n’utiliserez jamais plus. Jeter permet de se libérer d’un poids dont nous n’avions pas nécessairement conscience et représente une transformation personnelle et le deuil du passé.

Par ailleurs, les chercheurs français ont indiqué que le symptôme le plus fréquent était l’accumulation compulsive (souvent des déchets), présente dans 90 % des cas ! Celui-ci est d’ailleurs difficilement repérable car imperceptible durant des mois voire des années. En effet, il faut très souvent attendre que l’insalubrité alerte le voisinage et les autorités avant d’avoir connaissance de ce genre de cas.

Le syndrome de Diogène est une forme de trouble comportemental associant une tendance à l’accumulation d’objets (la syllogomanie), une négligence de l’hygiène corporelle et domestique et, le plus souvent, un isolement social prononcé sans la moindre nécessité de se plaindre de cette situation. Toutes ces conditions réunies sont propices à une vie insalubre et une dégradation du logement dans lequel vivent les personnes atteintes du syndrome de Diogène. Dans un très grand nombre de cas, ce syndrome apparaît après un choc psychologique comme le décès d’un proche ou un changement radical de situation. Il touche essentiellement les personnes âgées.