C'est en grande partie grâce à la préface rédigée par Jean-Paul Sartre que l'essai devint célèbre, car Sartre va plus loin que Fanon et justifie les attentats contre les civils. Écrit à un moment où les violences en Algérie sont le lot quotidien des populations locales, la justification du meurtre des Européens par Sartre sera par la suite abondamment reprise, décriée et commentée :

« Car, en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. »
« Et si vous murmurez, rigolards et gênés : « Qu'est-ce qu'il nous met ! », la vraie nature du scandale vous échappe : car Fanon ne vous « met » rien du tout ; son ouvrage — si brûlant pour d'autres — reste pour vous glacé ; on y parle de vous souvent, à vous jamais. Finis les Goncourt noirs et les Nobel jaunes : il ne reviendra plus le temps des lauréats colonisés. Un ex-indigène « de langue française » plie cette langue à des exigences nouvelles, en use et s'adresse aux seuls colonisés : « Indigènes de tous les pays sous-développés, unissez-vous ! »

Les Damnés de la terre
Auteur Frantz Fanon
Pays France
Préface Jean-Paul Sartre
Éditeur Éditions Maspero
Date de parution 1961
Nombre de pages 311