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2 000 personnes dans le monde, 54 en France, touchent une pension pour avoir travaillé pour le régime nazi

Ouest-France Ouest-France avec AFP
Modifié le 23/02/2019 à 10h34
Publié le 22/02/2019 à 18h10

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Le procès de Nuremberg, en 1946, où les leaders du IIe Reich ont été poursuivis pour crime de guerre. | STRINGER / AFP

Plus de 2 000 personnes, dont les trois quarts en Europe, ont touché en février des pensions versées à d’anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force.

La controverse est partie de Belgique. Là, une vingtaine de personnes touchent des pensions versées à d’anciens collaborateurs du régime nazi. Une commission parlementaire belge a adopté, mardi 19 février, le principe de demander au gouvernement allemand la fin de ces pensions accordées par l’Allemagne aux anciens combattants belges.

Et ailleurs dans le monde ? Plus de 2 000 personnes, dont les trois quarts en Europe, ont touché en février des pensions versées à d’anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force, a indiqué à l’Agence France Presse, vendredi 22 février, le ministère allemand du Travail. Précisément 2 033 personnes.

Le montant peut s’élever jusqu’à environ 1 300 € mensuels.

54 personnes en France

En Europe, ils sont 1 532 à percevoir la pension, dont 573 personnes dans la seule Pologne, le pays le plus représenté, selon des chiffres transmis à l’AFP. Suivent la Slovénie (184), l’Autriche (101), la République Tchèque (94).

Quelque 54 personnes la perçoivent en France, 34 en Grande-Bretagne, 71 en Croatie ou 48 en Hongrie.En Afrique, le nombre de bénéficiaires s’élève à 13, dont 9 en Afrique du Sud et 4 en Namibie.

Les États-Unis comptent sur leur sol 250 bénéficiaires, devant le Canada (121), le Brésil (18) et l’Argentine (8). En tout, 409 personnes disposent de cette prestation sur le continent américain. L’Asie compte une trentaine de bénéficiaires, dont 12 en Thaïlande. Enfin, 44 personnes la touchent en Australie.

Des collaborateurs ou des personnes enrôlées de force

Ces pensions sont versées en vertu d’une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une indemnité. Elles bénéficient aussi à d’anciens nazis ou collaborateurs étrangers du régime d’Adolf Hitler, mais également à des personnes enrôlées de force.

Les ex-membres de la SS en sont exclus, tout comme toute personne condamnée pour crimes de guerre. Depuis 2008, la loi permet aux Länder allemands qui versent ces retraites de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée, selon des données de 2017 du gouvernement fédéral allemand.

http://www.lefigaro.fr/international/2019/02/22/01003-20190222ARTFIG00316-pres-de-2000-europeens-touchent-encore-une-pension-pour-avoir-participe-au-regime-nazi.php

AFP agence Coline Vazquez Mis à jour le 23/02/2019 à 00:10 Publié le 22/02/2019 à 20:07

La Belgique au centre des critiques

C'est la Belgique qui a été la première pointée du doigt par le quotidien flamand De Morgen qui a révélé le 12 février dernier le versement toujours actuel de cette prime pour ««fidélité, loyauté et obéissance», promise par Adolf Hitler en 1941. La nouvelle n'a pas tardé à susciter de vives réactions notamment de la part de certains partis politiques belges. À l'occasion d'une audition devant la Chambre des représentants en 2017, l'ambassadeur d'Allemagne en Belgique à l'époque, Rüdiger Lüdeking, a affirmé que 27 personnes en Belgique touchaient encore cette pension. Mais le nombre total et l'identité des bénéficiaires sont inconnus à ce jour, l'Allemagne n'ayant jamais communiqué cette liste à la Belgique.

La presse nationale estime que plusieurs milliers d'anciens engagés en ont bénéficié, mais «personne n'a jamais fait de recherches approfondies sur le sujet», précise Christophe Brüll. «Les privilégiés étaient les habitants des Cantons de l'Est et d'Alsace, qui ont acquis la nationalité allemande après l'invasion nazie, mais aussi les Belges qui ont rejoint les Waffen SS pendant la guerre», détaille de son côté le chercheur, Alvin de Coninck, de l'association de survivants et de rescapés des camps de concentration nazis Remembrance, cité par De Morgen.

Suite à ces révélations, des députés belges ont décidé de s'attaquer à cette prime et ont voté jeudi un texte demandant au gouvernement de mettre fin à ce système de pensions versées par l'Allemagne.