Nom de naissance Ursula Gertrud Albrecht
Date de naissance 8 octobre 1958 (60 ans)
Lieu de naissance Ixelles (Belgique)
Époux Heiko von der Leyen (m. 1986)
Enfants Egmont von der Leyen, Maria Donata von der Leyen, Gracia von der Leyen, Victoria von der Leyen, David von der Leyen, Sophie von der Leyen, Johanna von der Leyen
Nationalité Allemande
Parti politique CDU
Père Ernst Albrecht
Diplômée de Université Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre, London School of Economics and Political Science
Profession Médecin
Livres : Wer macht die Arbeit morgen?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ursula_von_der_Leyen

Ursula Gertrud von der Leyen, née Albrecht le 8 octobre 1958 à Ixelles (Belgique), est une femme politique allemande membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU).

À la suite de la victoire de Christian Wulff aux élections régionales de 2003 en Basse-Saxe, elle devient ministre de la Famille du Land. Elle est choisie deux ans plus tard par Angela Merkel pour occuper le ministère fédéral de la Famille dans sa première grande coalition. Proche de la chancelière, elle mène une politique familiale jugée aux antipodes des positions de son parti en favorisant notamment le développement des crèches et en instituant un salaire parental.

Elle est reconduite en octobre 2009, puis nommée ministre fédérale du Travail à peine un mois plus tard, du fait de la démission de Franz Josef Jung. À la suite de la démission du président fédéral Horst Köhler le 31 mai 2010, elle est perçue comme favorite pour lui succéder, mais c'est finalement Wulff qui est choisi par la coalition au pouvoir.

Elle devient ministre fédérale de la Défense en décembre 2013, étant la première femme à occuper ce poste. Sa désignation à ce poste régalien puis sa reconduction en mars 2018 en font alors l'une des potentielles successeures de la chancelière Merkel.

En juillet 2019, elle est élue présidente de la Commission européenne par le Parlement européen avec une majorité réduite de neuf voix. Elle est la première femme à occuper cette fonction. Elle démissionne alors du gouvernement allemand.

Formation

Elle passe son enfance en Belgique, où elle fréquente l'École européenne dès 1964, ce qui lui vaut d'être bilingue allemand et français. Elle s’exprime en outre couramment en anglais, notamment pour avoir vécu pendant au total cinq années au Royaume-Uni et aux États-Unis. Elle passe par ailleurs pour une éminente cavalière et a été active dans le sport équestre de compétition

En 1976, elle obtient un Abitur en mathématiques et sciences. Elle étudie les sciences économiques aux universités de Göttingen et de Münster entre 1977 et 1980. Elle fréquente la London School of Economics, sous un nom d'emprunt, du fait de la notoriété de son père en pleine période de montée des groupes terroristes d'extrême gauche en Allemagne de l'Ouest, comme la Fraction armée rouge

À partir de 1980, elle entreprend des études de médecine à l'université Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre, qui durent sept ans. À l'issue de ce cursus, elle défend sa thèse et devient docteure en 1991. Elle quitte l’Allemagne l'année suivante pour passer quatre ans à l’université Stanford où elle suit des cours d’économie.

Vie familiale

Née en 1958 à Ixelles, dans l’agglomération bruxelloise, Ursula von der Leyen y réside jusqu’à l’âge de 13 ans et y fréquente l’École européenne de Bruxelles I. Son père Ernst Albrecht était l’un des premiers fonctionnaires européens, travaillant à ce titre dès la création de la Commission européenne en 1958, d’abord au sein de la commission Hallstein, comme chef de cabinet auprès du commissaire européen à la Concurrence Hans von der Groeben, puis de 1967 à 1970 comme directeur de la direction générale de la Concurrence

En 1971, elle déménage avec ses parents pour Lehrte, dans la région de Hanovre, après que son père a été nommé PDG de l’entreprise alimentaire Bahlsen et qu’il s’est engagé dans la politique du Land de Basse-Saxe. Son père exercera comme ministre-président de Basse-Saxe de 1976 à 1990. Son frère Hans-Holger, dirigeant d'entreprises, est le président-directeur général de Deezer depuis février 2015

En 1977, elle commence des études d’économie à l’université de Göttingen. Au plus fort des années de plomb en Allemagne de l’Ouest, elle cherche refuge à Londres en 1978, après que sa famille a été avisée que la Fraction armée rouge (RAF) avait conçu le projet de l’enlever, au motif qu’elle était la fille d’un homme politique de premier plan. Elle passe plus d’une année à se cacher dans la capitale britannique, où elle vit sous la protection de Scotland Yard, et s’inscrit, sous le nom d’emprunt de Rose Ladson, à la London School of Economics. Un diminutif allemand de Rose, Röschen, était son « petit nom » depuis l’enfance, tandis que Ladson est le patronyme de la famille de sa bisaïeule américaine, laquelle famille est originaire du Northamptonshire. Elle déclarera ensuite qu’elle « a vécu plus qu’elle n’a étudié », et que Londres était « l’épitomé de la modernité : liberté, joie de vivre, tâter de tout », ce qui lui a donné « une liberté intérieure [qu’elle a] gardée » par la suite. Elle retourne en Allemagne en 1979, mais reste sous la protection d’un service de sécurité pour plusieurs années encore

En 1986, elle se marie avec le médecin Heiko von der Leyen, issu de la famille von der Leyen, de Krefeld, qui a fait fortune dans le commerce de la soie. Heiko von der Leyen deviendra professeur de médecine et PDG d’une entreprise d’ingénierie médicale. La famille Von der Leyen est de confession luthérienne et membre de l’Église évangélique d’Allemagne. Le couple, qui a fait connaissance dans la chorale de l’université de Göttingen, a eu sept enfants, nés entre 1987 et 1999 : David (1987), Sophie (1989), Donata (1992), les jumelles Victoria et Johanna (1994), Egmont (1998) et Gracia (1999). Elle est la nièce du chef d’orchestre George Alexander Albrecht et la cousine germaine du directeur musical de l’Opéra national des Pays-Bas, Marc Albrecht.

Carrière professionnelle

Elle est médecin assistant à la maternité de l’université de Hanovre entre 1988 et 1992, et obtient son doctorat en médecine en 1991. Après la naissance de ses jumelles, elle est pendant un temps, de 1992 à 1996, femme au foyer à Stanford, en Californie, pendant que son mari est membre du corps facultaire à l’université Stanford.

Elle revient en Allemagne en 1996, et occupe de 1998 à 2002 un poste d’assistante chercheuse et de chargée de cours au département d’épidémiologie, de médecine sociale et des systèmes de santé à la faculté de médecine de l’université de Hanovre. En 2001, elle obtient dans cette institution le titre de licenciée en santé publique

Parcours politique

Débuts et ascension en Basse-Saxe

Elle rejoint l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), dont son père a été vice-président fédéral, en 1990. Elle entame son parcours politique 11 ans plus tard, lorsqu'elle remporte un mandat d'élue locale au sein de l'assemblée de la région de Hanovre. Lors des élections régionales du 2 février 2003, elle est élue à 44 ans députée au Landtag de Basse-Saxe dans la circonscription orientale de Lehrte avec 39 % des voix.

Le scrutin ayant permis au chrétien-démocrate Christian Wulff de former une coalition noire-jaune avec les libéraux, Ursula von der Leyen est nommée le 4 mars ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé. Au cours du 18e congrès fédéral de la CDU, convoqué à Düsseldorf en décembre 2004, elle intègre le bureau (präsidium) du parti.

Ministre fédérale de la Famille

En août 2005, la candidate de la CDU/CSU à la chancellerie fédérale, Angela Merkel, la nomme au sein de son équipe de campagne (kompetenzteam), chargée des questions sociales. Le scrutin est remporté par les chrétiens-démocrates mais aucune majorité n'émerge au Bundestag. Merkel constitue alors une grande coalition avec le SPD le 22 novembre suivant, au sein de laquelle Ursula von der Leyen est nommée ministre fédérale de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse.

Garde des enfants

Elle conduit une politique familiale novatrice. Elle encourage ainsi le développement des crèches afin que les femmes puissent concilier travail et éducation des enfants, en contradiction avec la vision de la famille de son propre parti. En 2005, elle fait adopter une loi (Kinderförderungsgesetz) qui garantit un budget de 4,3 milliards d'euros pour financer des systèmes de garde des enfants

Salaire parental

En 2007, elle assure par ailleurs la mise en place d'un salaire parental, qui permet au parent s'arrêtant de travailler de toucher jusqu'à 1 800 euros par mois pendant les quatorze premiers mois de l'enfant au plus, hommes compris

Elle propose en outre la création d'un congé parental rémunéré (Elternzeit) de deux mois pour les pères. Ce projet est critiqué par l'évêque catholique Walter Mixa, qui l'accuse de vouloir transformer les femmes en « machines à donner naissance ». Le président du groupement régional de la CSU Peter Ramsauer ironise sur le fait que les hommes n'ont pas besoin de « stage de changement de couches ». Elle emporte le soutien de l'opinion publique au moyen d'une campagne de communication gouvernementale, critiquée pour son coût de trois millions d'euros alors qu'elle véhicule un message perçu comme politisé

Blocage de la pédopornographie

Elle se montre également favorable à un blocage des sites Internet de pédopornographie par les fournisseurs d'accès sur la base d'une liste élaborée par l'Office fédéral de police criminelle (BKA)

Elle se voit affublée du sobriquet de « Zensursula » (en français : « Censursula »), un mot-valise associant le prénom de la ministre et le terme « censure » (Zensur). L'association du sujet de la pédopornographie à la censure d'Internet aurait alors causé un intérêt croissant dans le Parti pirate

En juillet 2009, elle déclare que la lutte contre la pédopornographie en ligne était rendue difficile puisque les personnes responsables se servaient de serveurs localisés en Afrique et en Inde. Selon elle, « la pédopornographie est légale » dans ce dernier pays, basant son propos sur une étude effectuée par le Centre international pour enfants disparus et sexuellement exploités en 2006. La pédopornographie se trouvant en réalité illégale dans le sous-continent, la ministre présente ses excuses par la suite

Ministre fédérale du Travail

Élue députée fédérale au Bundestag lors des élections législatives fédérales du 27 septembre 2009, elle est reconduite à son ministère le 28 octobre suivant. Toutefois, à la suite de la démission de Franz Josef Jung, elle est appelée le 30 novembre à le remplacer comme ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales.

Au début de l'année 2010, elle doit faire face aux conséquences d'une décision du Tribunal constitutionnel fédéral qui invalide la réforme de l'assurance chômage (Hartz IV) de Gerhard Schröder et Wolfgang Clement pour cause d'insuffisance des allocations et déclare à ce titre que « ce jugement est incontestable et la société va devoir payer, c'est clair »

À l'occasion du 23e congrès fédéral de la CDU à Karlsruhe, le 15 novembre 2010, elle est élue vice-présidente du parti, sous la présidence d'Angela Merkel, avec 85,12 % des voix

Elle est favorable à la création d'un salaire minimum. En 2013, elle défend sans succès l'instauration de quotas de femmes au sein des conseils d'administration. Ce quota exigerait qu'il y ait au moins 20 % de femmes au sein des conseils d'administration d'ici 2018 et qui augmenterait à 40 % d'ici 2023

Pressentie pour la présidence fédérale

Après la démission du président fédéral Horst Köhler le 31 mai 2010, elle est présentée comme favorite pour être candidate de la coalition noire-jaune à l'élection présidentielle anticipée, disposant notamment du soutien de Merkel

Les trois formations lui préfèrent finalement Christian Wulff

Ministre fédérale de la Défense

Lors des négociations pour la formation du troisième cabinet Merkel, constitué d'une nouvelle grande coalition, le ministère du Travail est attribué au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Un temps pressentie comme ministre fédérale de la Santé, avec des compétences élargies à la réforme des retraites, Ursula von der Leyen est finalement nommée ministre fédérale de la Défense le 17 décembre 2013. C'est la première fois qu'une femme prend ces responsabilités et la seconde fois qu'un ministère fédéral régalien est dirigé par une femme. Cette nomination est perçue comme renforçant son statut de successeur potentielle de la chancelière Merkel

Guerre d'Afghanistan

Au cours de ses 12 premiers mois de mandat, elle rend visite trois fois aux troupes de la Bundeswehr déployées en Afghanistan. Elle gère ainsi le retrait graduel de l'armée allemande, en parallèle de la réduction de la présence de l'OTAN

Au cours de l'été 2014, elle a joué un rôle clé dans la décision de l'Allemagne de réapprovisionner les forces peshmerga kurdes avec des armes létales. En septembre 2015, elle se dit ouverte à l'idée de reporter le retrait de 850 soldats allemands installés dans le nord du pays prévu en 2016, après la prise inattendue par les Talibans de la ville de Kondoz, où les troupes fédérales avaient été stationnées

Crises géopolitiques

À la suite de critiques de la part de hauts responsables allemands sur la répression militaire du président turc Recep Tayyip Erdoğan à l'encontre des militants kurdes en août 2015, elle décide de laisser la mission des batteries Patriot, qui a duré trois ans en Turquie du sud, s'écouler au lieu de demander le soutien de la part du parlement pour la prolonger. Elle prend également la décision d'engager 65 millions d'euros pour établir une présence permanente sur la base Incirlik dans le cadre de l'engagement allemand contre l'organisation terroriste État islamique

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, elle revendique la décision allemande de ne pas approvisionner l'Ukraine en armes. Elle souligne l'importance pour l'Europe d'être unie dans le conflit ukraino-russe et affirme que les négociations avec la Russie sont possibles, contrairement à Daesh. Selon elle, l'Allemagne perçoit la situation conflictuelle comme une occasion de démontrer qu'au xxie siècle, les pays développés doivent régler leurs conflits par la négociation. Pour elle, fournir des armes aux autorités ukrainiennes afin de les aider à se défendre pourrait avoir des conséquences imprévues et fatales : « La livraison d'armes serait un accélérateur de feu. Cela pourrait donner un prétexte au Kremlin d'intervenir ouvertement dans ce conflit »

Au début de l'année 2016, elle obtient du Bundestag l'envoi d'un contingent de 650 soldats au plus au Mali dans le cadre de la MINUSMA

Réforme des forces armées

En 2014, elle propose un régime pour rendre la Bundeswehr plus attrayante pour les nouvelles recrues, en offrant même des garderies aux enfants des soldats, en limitant les affectations pour qu'elles s'alignent avec les périodes scolaires ainsi que des augmentations importantes des primes pour les affectations dangereuses

En 2017, après un scandale, elle interdit la vénération de symboles faisant référence au nazisme dans l'armée allemande

ursula von der leyen image

Achat et vente de matériel militaire

Au début de son mandat, elle s'engage à mieux gérer le budget pour le matériel militaire après avoir publié un rapport préparé par KPMG sur les échecs répétés du contrôle des fournisseurs, des coûts et des délais de livraison, par exemple avec l'avion de transport Airbus A400M, l'Eurofighter Typhoon et le véhicule de combat blindé Boxer

Au début de 2015, elle critique ouvertement Airbus pour les délais de livraison de l'avion de transport A400M en déclarant que la compagnie avait de graves problèmes avec la qualité du produit.Sous sa direction, le ministère a accepté de recevoir 13 millions d'euros comme indemnisation pour les délais de la livraison des deuxième et troisième avions A400M ; en 2016, elle demande 12,7 millions d'euros supplémentaires comme indemnisation pour les délais de livraison du quatrième avion

Durant son séjour en Inde en 2015, elle annonce un contrat avec le gouvernement pour bâtir six petits sous-marins diesel-électrique TKMS, un projet de 11 milliards de dollars

Impopularité

Bénéficiant d’une popularité relativement élevée à partir de 2005, elle voit les bonnes opinions en sa faveur diminuer lors de son passage au ministère de la Défense. Alors que l’armée lui reproche ses méthodes de travail, elle est régulièrement accusée de mauvaise gestion du budget de son ministère. En 2019, sa popularité tombe sous les 30 % et une étude d'opinion réalisée pour le quotidien Bild indique que les Allemands la perçoivent comme le deuxième personne la moins compétente au Gouvernement. Après le Conseil européen de juillet 2019, seuls 33 % des Allemands sondés par l’institut Infratest dimap estiment qu’elle ferait une bonne présidente de la Commission européenne

Élection à la présidence de la Commission européenne

Le 2 juillet 2019, les chefs d'État et de gouvernement réunis en Conseil européen proposent qu'Ursula von der Leyen soit désignée présidente de la Commission européenne en remplacement du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, en poste depuis 2014. Elle est suggérée par Emmanuel Macron à Angela Merkel afin de débloquer les négociations entre dirigeants européens, alors que la candidature du social-démocrate néerlandais Frans Timmermans, qui faisait l'objet de l'accord des dirigeants européens présents au sommet du G20 quelques jours plus tôt, a été rejetée par des figures du Parti populaire européen et les dirigeants polonais et hongrois. Devant l'hostilité du Parti social-démocrate d'Allemagne, membre de son gouvernement, à l'égard du choix final d'Ursula von der Leyen, Angela Merkel s’abstient lors du vote sur son nom, tout en votant en faveur de l'ensemble des nominations pour les différents postes. Ce choix rompt avec le système du spitzenkandidat, consistant à proposer comme président de la Commission la tête de liste du parti européen arrivé en tête des élections européennes, qui avait conduit à l'élection de Jean-Claude Juncker en 2014

Pour ses auditions par les groupes du Parlement européen, elle s'avère, selon Emmanuel Berretta du Point, contrainte d'« en rester aux généralités » la plupart du temps, alors que les députés exigent des réponses tranchées sur les sujets sensibles. Elle se prononce cependant pour laisser le temps nécessaire aux Britanniques pour mener à bien les négociations du Brexit, allant ainsi à l'encontre de la position d'Emmanuel Macron. Après son audition, le groupe des Verts/Alliance libre européenne annonce qu'il votera contre elle

Son discours devant le Parlement européen est marqué par sa promesse d'un « green deal » visant à faire de l'Europe « le premier continent neutre » en carbone en 2050. Elle s'engage également pour une commission paritaire, un droit d’asile européen, la reconnaissance intégrale du droit d’initiative du Parlement européen, une nouvelle convention sur l'avenir de l'Europe, un système de réassurance chômage européen pour aider les pays en crise, ou encore un salaire minimum et la taxation des multinationales présentes dans l’Union. Elle se dit également prête à un nouveau report de la date de sortie du Royaume-Uni, alors fixée au 31 octobre 2019

Le 16 juillet 2019, le Parlement européen l'élit comme présidente de la Commission européenne à une courte majorité : elle obtient 383 voix sur 747, soit 51,3 %76. Son score théorique était de 444 voix compte tenu du soutien annoncé des groupes du Parti populaire européen, de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates et de Renew Europe. Elle est notamment dépourvue du soutien des délégations françaises, belges et allemandes de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, tandis que Droit et justice et le Mouvement 5 étoiles votent en sa faveur, ce qui lui permet probablement d'être élue. Si elle reconnaît que la mise à l’écart, par les chefs d’État et de gouvernement, des spitzenkandidaten issus du Parlement, a créé « beaucoup de ressentiment », Le Monde explique aussi la faiblesse de son score par « des divisions au sein des groupes, des critiques contre la procédure de désignation à laquelle le Conseil (les États) a eu recours et certaines zones d’ombre dans les annonces faites le matin même par la prétendante »

Elle deviendra ainsi la première femme présidente de la Commission européenne, et la seconde personnalité allemande à occuper le poste après Walter Hallstein, premier président de la Commission. Il s'agit du quatrième mandat consécutif pour une personnalité du Parti populaire européen, après les deux mandats de José Manuel Barroso et celui de Jean-Claude Juncker

Prises de position

Politique étrangère

Elle défend en 2014 la nécessité pour l'Allemagne de développer une politique étrangère plus ferme. Le gouvernement valide ainsi en septembre suivant l'envoi d'armes aux forces armées kurdes et irakiennes, rompant la tradition allemande de ne pas exporter de matériel militaire vers une zone de conflit

Réagissant à la détérioration des relations euro-russes lors de la crise de Crimée, elle estime que « la dépendance au bon fonctionnement de la relation commerciale avec l'Europe est beaucoup plus importante en Russie » et que les sanctions imposées par les Européens pourraient pousser les oligarques et la société civile russes à réagir auprès de Vladimir Poutine. Elle appelle par ailleurs l'OTAN à mieux protéger les pays baltes dans ce contexte

Lors de la crise migratoire de 2015, elle critique les violences policières hongroises anti-réfugiés à la frontière serbe mais, selon le politologue Dániel Deák, « plaidait secrètement pour le renforcement des frontières et l'arrêt de l'immigration illégale contre la position d'Angela Merkel »

Le 18 janvier 2019, elle publie une tribune dans The New York Times où elle soutient l'existence de l'OTAN et plaide pour plus de coopération sur les enjeux de défense entre les pays occidentaux

Intégration européenne

Dans une entrevue accordée au journal Der Spiegel en 2011, elle exprime sa préférence pour « des États-Unis d'Europe – gérés sur le modèle de l'État suisse, de l'Allemagne ou des États-Unis » qui renforceraient la grandeur de l'Europe tout en s'accordant sur des questions importantes telles que la finance, la fiscalité et la politique économique. Au cours de la même année, Angela Merkel critique fortement sa ministre, pour avoir exigé que la Grèce offre des garanties pour les prêts d'urgence afin d'éviter un défaut de paiement

En 2015, elle déclare qu'une armée européenne doit être envisagée sur le long terme « peut-être pas par mes enfants, mais par mes petits enfants ». Au mois de mars, elle rencontre ses homologues français Jean-Yves Le Drian et polonais Tomasz Siemoniak pour encourager la coopération entre leurs trois pays dans les zones de crise. Il s'agit ainsi de la première réunion au niveau du Triangle de Weimar depuis 2007. À la suite du référendum du Royaume-Uni sur l'appartenance à l'Union Européenne en 2016, elle assure que le Royaume-Uni avait « paralysé » les efforts des autres États européens d'intégration dans une politique de sécurité et « bloquait toujours tout ce qui était caractérisé comme étant européen »

Droits homosexuels

Elle a vivement encouragé le mariage homosexuel en Allemagne, où il est légal depuis 2017