Auteur Stephen King
Pays États-Unis
Genre Roman, Thriller
Langue Anglais américain
Titre Misery
Éditeur Viking
Lieu de parution New York
Date de parution 8 juin 1987
ISBN 978-0670813643
Version française
Traducteur William Olivier Desmond
Éditeur Albin Michel
Collection Romans étrangers
Lieu de parution Paris
Date de parution 13 juin 1989
Type de média Livre papier
Nombre de pages 391
ISBN 978-2226036735

Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l'a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans. Elle lui rapporte beaucoup d'argent, mais l'a aussi étouffé: sa mort l'a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.
Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d'Annie Wilkes, l'infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d'avoir fait mourir Misery Chastain. Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n'a pas le choix...
Seul Stephen King pouvait écrire un pareil cauchemar. Un sommet de la démesure, un délire d'une logique implacable !

Misery (titre original : Misery) est un roman de Stephen King publié en 1987. Dans ce roman, un écrivain est recueilli après un grave accident par l'une de ses admiratrices, qui découvre que l'auteur a tué son personnage favori dans son nouveau livre et décide de le pousser à la ressusciter en employant des moyens extrêmes. Le livre a reçu le prix Bram Stoker du meilleur roman et a été adapté au cinéma en 1990. Stephen King songea d'abord à publier ce roman sous le nom de plume qu'il avait déjà utilisé, Richard Bachman mais, le public ayant découvert que ces deux personnes ne faisaient qu'une, il se résolut à signer ce livre sous son propre nom.

Paul Sheldon, écrivain de best-sellers, est devenu riche et célèbre grâce aux aventures de Misery Chastain, une héroïne romantique qu'il a créée. Mais il décide finalement de la faire mourir pour se consacrer à d'autres histoires (qu'il juge plus sérieuses). Il vient de terminer un nouveau roman, d'un tout autre genre, dans un hôtel du Colorado mais est pris en partant dans une tempête de neige et est victime d'un grave accident de voiture. Paul, qui a les deux jambes cassées, est sauvé par une ancienne infirmière, Annie Wilkes, qui l'emmène dans sa maison toute proche plutôt qu'à l'hôpital. Elle soigne Paul, qui a été inconscient et entre la vie et la mort pendant plusieurs jours, et lui dit être sa plus fervente admiratrice mais celui-ci remarque rapidement que le comportement d'Annie n'est pas normal et qu'elle souffre de troubles mentaux. Quand elle découvre le nouveau manuscrit de l'écrivain et commence à le lire, elle a une dispute avec lui au sujet de la violence et du langage grossier du livre, et punit l'écrivain en suspendant sa prise de calmants, alors que Paul est désormais dépendant de ceux-ci.

Peu après, Annie finit de lire le dernier volume de la série des Misery et découvre qu'à la fin du roman, son héroïne préférée meurt. Elle devient alors enragée et abandonne Paul pendant deux jours. Quand elle revient, l'écrivain, souffrant de la soif, de la faim et de ses blessures, est dans un piteux état. Annie le force à brûler le manuscrit de son dernier roman et à commencer un nouveau volume des aventures de Misery pour ressusciter l'héroïne. Paul se met donc au travail et retrouve peu à peu la santé comme les jours, puis les semaines, passent. Il profite des absences d'Annie pour explorer péniblement la maison en fauteuil roulant et finit par découvrir un carnet qui suggère qu'Annie a assassiné son père ainsi que plusieurs dizaines de ses patients. Mais Annie s'aperçoit qu'il a quitté la chambre où elle l'a enfermé et lui coupe le pied gauche à l'aide d'une hache.

Paul sait qu'Annie le tuera dès qu'il aura fini son roman. Il essaie donc de faire traîner les choses mais se laisse gagner par l'écriture du livre. Après une nouvelle dispute, Annie l'ampute de son pouce gauche. Alors que l'été est arrivé, un policier vient chez Annie pour lui poser des questions sur la disparition de Paul, et celui-ci essaie alors de signaler sa présence mais Annie élimine le policier. La disparition de celui-ci amène d'autres représentants de la loi à poser des questions à Annie qui, sentant l'étau se refermer, pousse Paul à terminer rapidement son histoire. Quelques jours plus tard, Paul finit le livre de Misery et feint d'y mettre le feu (le véritable manuscrit étant caché). Profitant de la panique d'Annie, il la frappe avec sa machine à écrire et une terrible lutte s'engage entre eux deux. Annie semble avoir le dessus mais finit par se rompre le crâne sur la tablette de cheminée et par succomber à cette terrible blessure. Paul est ensuite retrouvé par la police et emmené à l'hôpital. Il fait publier le roman sur Misery qu'il a écrit, et qui est un grand succès, mais est très atteint psychologiquement, souffrant de cauchemars et étant devenu alcoolique et accro aux antalgiques. Il finit néanmoins par retrouver l'inspiration grâce à un enfant qu'il rencontre par hasard, un jour, dans la rue.

L'inspiration pour Misery est venue de la lecture par King d'une nouvelle d'Evelyn Waugh intitulée The Man Who Loved Dickens au sujet d'un homme retenu prisonnier en Amérique du Sud et à qui son geôlier, tombé amoureux de l'œuvre de Charles Dickens, faisait lire des histoires de cet écrivain. King s'est alors demandé ce qui se passerait si le prisonnier était l'écrivain lui-même

Misery est un huis clos presque total caractérisé par l'apparition du livre dans le livre, avec l'histoire du Retour de Misery (environ une vingtaine de pages censées être inventées par Paul Sheldon publiées en caractères de machine à écrire apparaissent dans le livre) et composé de nombreuses scènes compliquées, floues, correspondant aux moments où Paul a l'esprit brumeux. King a été aidé par des psychologues pour ces descriptions de la douleur — et aussi par des infirmières pour le terrible passé à l'hôpital d'Annie Wilkes. Il a expliqué dans son ouvrage Écriture : Mémoires d'un métier que Misery, tout comme Les Tommyknockers, était une métaphore de sa propre dépendance aux drogues dans les années 1980. En raison du caractère dépourvu d'élément surnaturel du roman, il comptait à l'origine le publier sous son pseudonyme, déjà utilisé plusieurs fois, de Richard Bachman, mais c'est à ce moment que fut dévoilé au grand public que King et Bachman étaient une seule et même personne, ce qui l'obligea à renoncer à son pseudonyme

Misery a remporté le prix Bram Stoker du meilleur roman 1987, à égalité avec Swan Song, de Robert McCammon, et a été nommé au prix World Fantasy du meilleur roman 1988

Misery a été adapté au cinéma en 1990 sous le même titre par Rob Reiner, avec Kathy Bates dans le rôle d'Annie Wilkes, pour lequel elle remporta l'Oscar de la meilleure actrice, et James Caan dans celui de Paul Sheldon.

Le film indien Julie Ganapathi est considéré comme une adaptation officieuse du roman

Le livre a également été adapté plusieurs fois au théâtre, notamment à Broadway en 2015 avec Bruce Willis dans le rôle de Paul Sheldon et Laurie Metcalf dans celui d'Annie Wilkes

CRITIQUES, ANALYSES ET AVIS

1. Huis clos terrifiant et énorme métaphore de la création, les deux marchant ensemble, Misery est un chef d'oeuvre en passe de devenir un mythe.
L'écrivain Paul Sheldon, créateur du personnage ultra populaire de Misery, une orpheline aventurière aimée par deux hommes, a un accident de voiture dans la neige. Il est " sauvé" par Annie Wilkes, une femme au physique imposant et effrayant, qui entreprend de le soigner seule dans sa ferme, car c'est une ancienne infirmière. Annie n'en revient pas d'avoir affaire à son auteur préféré, Paul s'inquiète de ne pas être à l'hôpital. Quelque chose ne va pas chez Annie. Elle a des absences, le regard vide, une "crevasse noire" au front qui indique une pensée démente. Et lorsqu'en se procurant MIsery's Child, le dernier opus de la série, elle se rend compte que Paul a fait mourir son héroïne, elle devient complètement folle- de rage. Ouille ouille ouille pour Paul Sheldon. Il doit ressusciter Misery, ou alors ...La colère de la " déesse" s'abattra sur lui...
Le coeur de l'histoire est le rapport de Paul à son oeuvre, et d'Annie à l'oeuvre de Paul. Annie est la "déesse", une muse terrifiante dont le rôle est d'enchainer l'écrivain à son oeuvre, par tous les moyens. Cet enchainement est physique. On coupe les jambes, les mains, on obture l'esprit, pour qu'une seule chose ne compte : l'écriture. Et ça marche. Paul écrit son meilleur livre. Il plonge littéralement dans cette réalité parallèle pour échapper à l'enfer d'Annie, Annie qui en même temps le réduit à un pur esprit créateur, tachant de lui ôter toute pensée extérieure à son oeuvre. L'esprit de Paul se réduit peu à peu au trou béant que constitue son histoire, faire renaitre Misery, et l'entrainer dans d'autres aventures. Il s'y absorbe, et King nous instruit du processus de creation. Il faut que...il faut que...trouver l'idée et le moyen, le lieu et la formule. Paul doit apprendre cette lecon. Il ne sait rien faire d'autre, il ne doit pas se détourner de son destin. La violence que constitue cet acte d'oubli de soi et de son corps est parfaitement et génialement incarnée par l'infirmière folle, la psychopathe obsédée par un personnage de fiction. C'est donc aussi un texte sur la puissance de la fiction sur l'esprit. C'est Annie aussi qui tient ce rôle. Pour elle, Misery est plus reelle que tous les êtres vivants. le monde extérieur est composé de " sales oiseaux" qu'elle hait et qui la haïssent, mais dans les livres, dans les feuilletons...le monde est plus beau et c'est le seul qui importe. Elle est prête à mourir pour Misery, pour lire jusqu'au bout "Le retour de Misery ", le roman qu'elle impose à Paul Sheldon d'écrire.
Misérable est la position de l'écrivain ligoté à sa machine à écrire, misérable le lecteur attaché à des personnages de papier, mais c'est aussi la seule chose que l'écrivain sache faire, et sans quoi il perd tout sens, et le seul rayon de lumière du lecteur, âme perdue dans un océan de ténèbres.
Ah vraiment c'est beau et puissant.

2. Maléfique, méchante,irritable ou folle, les mots ne sont pas asser assaisonné pour decrire Annie, la femme de ce roman qui n'a rien à envier à Hannibal Lecter. La frayeur prend le pas sur l'histoire quand on songe à l'incapacité physique du pauvre auteur pris au piège d'une maison tenu par un bourreau tout ce qu'il y a de plus humain (au sens littéral) . Nul besoin de fantastique ici, pas de démon,de goules ou fantôme quelconque: la véritable horreur est la meilleur quand elle est réel,possible et écrite d'une main de maître par un stephen King très inspiré qui commence sa carrière en signant succès à la suite . Inoubliable et angoissant,préparer vous au pire !

3. Une histoire originale, sombre, inquiétante!
Véritable thriller psychologique, Misery est l'oeuvre éponyme du grand, du très grand Stephen King. Ainsi le récit commence très bien, comme dans toute histoire écrite par King afin d'installer une ambiance paisible dans une famille à priori normale pour ensuite contraster le tout avec une fin souvent signe d'une apothéose horrifique et inévitable ou bain de sang, folie et autres se mélangent... Ici, Misery narre l'histoire d'un romancier à succès, Paul Sheldon, qui, pris dans une tempête de neige s'écrase dans un ravin avec sa voiture. Heureusement, quelqu'un le trouve. Il s'agit d'une certaine Annie Wilkes qui n'est autre que l'une de ses plus grandes fans et ferventes admiratrices. Celle-ci va découvrir le nouveau manuscrit de son «héros» qui n'est autre qu'une énième suite de son très grand roman traitant d'un personnage dans lequel elle s'est totalement identifiée «Misery». Quand celle-ci va découvrir que Misery trouvera la mort à la fin du manuscrit de Paul, le cauchemar ne fera que commencer pour Paul qui finalement, aurait bien préféré rester coincé dans ce ravin. Encore une fois, Stephen King tire son épingle du jeu en nous livrant un excellent récit aux rebondissements multiples qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.
De plus, le roman est parfaitement découpé entre le monde extérieur donc l'environnement caractérisé par l'enquête de J.T Mac Cain et le monde intérieur c'est-à-dire la maison d'Annie où Paul, ayant perdu pendant de longs mois l'usage de ses jambes et se retrouvant en fauteuil roulant, se retrouve séquestré chez son bourreau. Dans ce livre, le suspense est omniprésent, notamment grâce à de terrifiants passages et une description vraiment soignée de bout de bout. Misery est une sorte d'huis-clos où la victime et le bourreau doivent cohabiter. Franchement, pour imaginer des ambiances glauques, King est le meilleur !
Avec cette oeuvre majeure, Stephen King fait partager aux lecteurs l'angoisse de l'artiste et du créateur, soumis malgré lui à la critique, bonne ou mauvaise, professionnelle ou illégitime. Il exprime à travers le personnage de ce romancier captif, la difficulté de demeurer LIBRE DE S'EXPRIMER, en étant totalement serein et détaché, face à des inconnus fanatiques, qui s'approprient les oeuvres. Les auteurs sont confrontés parfois à des lecteurs (plus ou moins aimables) qui n'hésitent pas à exprimer sans gêne leurs feelings. D'autre part, je suis totalement sidérée par l'immense talent du Maitre King. Pour ces raisons, je ne peux qu'adhérer à sa vison plus qu'alarmiste du phénomène de transfert : (un anonyme qui s'approprie un texte, décide de sa valeur, y ajoute son mal-être personnel et s'imagine avoir un droit légitime de récompense, de correction ou de punition vis-à-vis de l'auteur initial). C'est totalement aberrant et terrifiant. Nota : Pour les fans (sérieux) du Maitre, lorsque Paul Sheldon est "condamné" à inventer un récit en partant d'une impasse, il se sert du fameux "Sauras-tu ?", un jeu que pratiquait avec talent Stephen King, auprès de ses copains, lorsqu'il était encore un enfant et un amateur...
Le film est aussi super! Rob Reiner est sûrement l'un des rares réalisateurs à avoir compris l'univers de Stephen King. Paysages calmes et enneigés, petite bourgade sans problèmes cachant de terribles secrets et personnages dont la folie dépasse l'entendement constituent la plupart du temps la base de tout roman signé par le King. Anne Wilkes interprétée par Kathy Bates est sans conteste l'un des portraits les plus terrifiants du cinéma. Ses épouvantables colères et son humeur changeante en terrifieront plus d'un. Face à elle, James Caan en écrivain célèbre qui décide d'opérer un tournant dans sa carrière. D'où ce duel psychologique légendaire teinté de violence et de folie qui se terminera dans un final ahurissant et haletant. Tout le film de Reiner repose sur ce duel. Alternant les scènes à suspense et les scènes de pures horreurs (qui n'a pas hurlé devant le supplice infligé aux pieds de James Caan), "Misery" est une oeuvre d'épouvante unique capable de rendre une petite bonne femme plus monstrueuse que le diable en personne. Eprouvant et prenant, le film va au bout de l'horreur et nous fait passer un moment que l'on n'est pas prêt d'oublier.

4. Misère, quand une infirmière fait vivre l'enfer à un écrivain qui crie en vain, moi j'adhère !
Ce livre aurait pu s'intituler Obsession.
Ce n'est pas bien, il avait fait mourir l'héroïne de son bouquin, le vilain. Elle n'a pas aimé du tout, la soignante saignante, alors elle a décidé qu'il allait bien gentiment la ressusciter.
C'est qu'elle le soigne aux petits oignons son auteur, elle prend de la hauteur tandis qu'il descend en enfer. Elle le Shooshoote à mort, j'adore.
Mon livre préféré du King après La ligne verte.

5. Encore un chef-d'oeuvre du grand King.
Tout les ingrédients sont réunis dans ce huit-clos angoissant pour mettre les nerfs du lecteur à vif.
Je dois dire que l'idée de l'admiratrice qui séquestre son auteur préféré parce qu'il a fait mourir son héroine phare est grandiose.Annie est complètement dingue,Paul a vraiment forte affaire avec une fan pareille et il va payer chèrement ce qu'Annie considère comme une "trahison".La mort de Misery est inacceptable à ses yeux et elle va employer tout les subterfuges pour faire plier l'écrivain à revenir en arrière sur le dénouement de son récit.
Bizarrement j'ai adoré le personnage d'Annie,le fait qu'elle n'ait absolument rien pour elle amplifie notre envie d'en savoir plus sur cette femme.C'est un peu une icône à sa manière,sa folie fascine et à chaque page je me suis demandée jusqu'ou elle était prête à aller et quelles sont ses limites.Derrière une façade de tortionnaire désagréable et cruelle c'est une vraie paumée qui n'a pas grand chose dans sa vie et dans le fond c'est triste.
L'ambiance du roman est tout simplement parfaite,moi qui suis claustrophobe j'ai eu l'impression d'étouffer tout au long de cette lecture.King a tellement bien manié son contexte qu'on s'y croirait.A lire!

CITATIONS ET EXTRAITS

1.
ladesiderienne 19 août 2015
- Lorsque je commence un livre, j'ai toujours une idée sur le tour que vont prendre les choses, mais en réalité, jamais aucun ne s'est terminé exactement comme je l'avais prévu. Ce n'est pas tellement surprenant, si l'on y pense un instant. Écrire un livre, c'est un peu comme lancer un missile intercontinental... sauf qu'il voyage dans le temps et non dans l'espace. La durée de temps que vivent les héros de l'histoire, et la durée réelle de temps que vit le romancier pendant qu'il écrit. Faire qu'un roman se termine exactement comme on l'avait prévu serait comme tirer un missile qui ferait le tour de la moitié de la terre et lâcherait sa charge dans un panier de basket. Cela paraît imaginable sur le papier, et parmi les types qui construisent ces engins, on en trouve qui disent sérieusement que c'est aussi facile que deux et deux font quatre - alors qu'ils n'ont aucune chance d'y arriver.
- Oui, dit Annie, je vois.
- Je dois avoir un bon système de navigation sous le crâne, parce que je ne tombe jamais bien loin, la plupart du temps ; et si la charge explosive est suffisante, "pas bien loin" convient parfaitement.

2.
Paul Sheldon, un écrivain à succès, a la malchance d’avoir un accident de voiture au milieu de nulle part. Il est recueilli par Annie Wilkes, qui se décrit comme "son admiratrice numéro 1". Etant infirmière, elle l’amène chez elle pour le soigner. Apprenant que Paul s’apprétait à faire mourir l’héroine de ses romans, Misery Chastain, elle le séquestre, et lui demande d’écrire un nouveau livre rien que pour elle, en "ressuscitant" Misery Malheur à Paul s’il refuse... Ne pouvant plus se déplacer sans fauteuil roulant, drogué et dépendant, il est à la merci d’Annie, qui n’hésite pas a employer des moyens...rustiques pour le convaincre.

Ce fut le premier Stephen King que j'ai ouvert. Et mon Dieu, quelle claque ! Une atmosphère pesante, et cette Annie, qui vous fait franchement froid dans le dos. Les descriptions nettes n'ont aucun mal à nous mettre dans la tête la figure ronde et rouge de colère de celle-ci, ou bien ses mains grasses qui s'occupent du corps bien abimé de l'auteur en vogue.
La peur et l'angoisse sont présentes de la première ligne à la dernière, ne relâchant jamais la pression qui vous noue le ventre.
A lire sans même hésiter si vous êtes friand de cette atmosphère particulière ! Le plus dur sera d'éteindre la lumière après avoir terminé ce bijou...

3.

Il se laissa aller dans le fauteuil, tremblant de tout son corps, s'efforçant d'arrêter de trembler parce que ça lui faisait mal, et incapable d'y arriver. Des larmes lui coulaient le long des joues. Il ne cessait de la revoir qui abattait le poing sur ce qui restait de son genou comme un ivrogne abat le sien sur le comptoir de chêne d'un bar, il ne cessait de se sentir englouti dans la terrible supernova blanc-bleu de la douleur.
"Je vous en prie, mon Dieu, je vous en supplie", gémit-il tandis qu'à l'extérieur la Cherokee démarrait dans une pétarade. "Mon Dieu, je vous en supplie, faites-moi sortir d'ici ou tuez-moi... laissez-moi sortir d'ici ou tuez-moi."
Le ronflement du moteur s'éloigna sur la route et Dieu ne fit ni l'un ni l'autre ; l'abandonnant à ses larmes et à ses souffrances, maintenant réveillées et hyperactives dans tout son corps.