Naissance 1er novembre 1943 (75 ans), Alger
Pseudonyme Simon Ther
Nationalité Français
Formation Lycée Janson-de-Sailly, Université Paris-Dauphine, École nationale supérieure des mines de Paris, École polytechnique (1963-1965), Institut d'études politiques de Paris (1965-1967), École nationale d'administration (1968-1970)
*Activités *Banquier, écrivain, ingénieur, économiste, homme politique, philosophe
Fratrie Bernard Attali, son frère jumeau
Enfants Bethsabée Attali,Jérémie Attali

Jacques Attali, né le 1er novembre 1943 à Alger, est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire français.

Il épouse en 1981 Élisabeth Allain, ancien mannequin, dont il a deux enfants, Jérémie (né en 1981, paysagiste, diplômé de l'ISG) et Bethsabée (commissaire d'exposition).

Conseiller d'État, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine, conseiller spécial de François Mitterrand de 1981 à 1991, puis fondateur et premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en 1991, il a présidé en 2008 la Commission pour la libération de la croissance française. Il dirige actuellement le groupe Positive Planet et le groupe Attali & Associés. Il a publié plus de 80 essais, biographies et romans. Il est également éditorialiste de l'hebdomadaire L'Express et du Journal des Arts.

Il adhère au Parti socialiste en 197313. Son étroite collaboration avec François Mitterrand commence en décembre 1973. Il dirige son équipe de campagne aux élections présidentielles à partir d'avril 1974. Il utilise alors le pseudonyme de « Simon Ther »

Il est ensuite son directeur de cabinet dans l'opposition. Il refuse d'être candidat aux élections municipales et cède le siège qui lui est proposé à son assistant, Laurent Fabius. En 1981, François Mitterrand, qui vient d'être élu président de la République, le nomme conseiller spécial et l'installe dans l'ancien bureau des aides de camp qui jouxte le bureau présidentiel. Il assiste au conseil des Ministres, au conseil de Défense, et à tous les entretiens bilatéraux et multilatéraux du président avec des dirigeants étrangers. Le président lui confie également le rôle de « sherpa » (représentant personnel d'un chef d'État) pour les sommets du G7 et européens.

Il conseille au président de faire venir au palais de l'Élysée Jean-Louis Bianco, François Hollande, Ségolène Royal, Pierre Morel, Alain Boublil, François Stasse et Erik Orsenna.

En 1982 et 1983, il plaide pour la « rigueur économique ». Il organise le sommet du G7 de Versailles en juin 1982 et celui de l'Arche en 1989. Il dirige l'organisation du bicentenaire de la Révolution française le 14 juillet 1989.

À la demande de Claude Allègre, il propose une réforme de l'enseignement supérieur (le LMD), qui se généralise à toute l'Europe. Consulté successivement par les présidents Sarkozy et Hollande, il préside une commission bipartisane de réforme de l'économie en 2008, et milite pour le concept d'économie positive en 2012. Il choisit comme rapporteur Emmanuel Macron. Ses idées sont à l'origine d'une partie des dispositions de la loi Macron. Il présente en 2009 Emmanuel Macron à Francois Hollande en recommandant à ce dernier de le prendre comme conseiller dans sa campagne, puis à l'Élysée[réf. nécessaire]. Jacques Attali a déclaré dans plusieurs interviews (L’Express, Le Point, Le Monde) : « Emmanuel Macron aurait été président de la République même s’il ne m’avait pas rencontré. »

En 2015, il écrit un programme pour l'élection présidentielle qu'il publie dans un livre, France 2022, précisant ne pas vouloir se présenter lui-même. Le 8 mars 2017, il annonce son soutien au candidat d'En marche, Emmanuel Macron, qu'il avait autrefois placé au sein de sa commission.

Carrière internationale

En 1979, avec l'aide d'autres intellectuels parmi lesquels Françoise Giroud, Bernard-Henri Lévy, Marek Halter, Alfred Kastler (Prix Nobel de physique), Guy Sorman, Jean-Christophe Victor, il fonde l'ONG internationale Action internationale contre la faim, aujourd'hui connue sous le nom d'Action contre la faim (ACF)

Il est co-instigateur du programme européen EUREKA de « développement de nouvelles technologies » qui est lancé en 1985.

En septembre 1988, à la suite de très meurtrières inondations au Bangladesh, François Mitterrand lance un projet de construction de digues dans ce pays. Jacques Attali, qui parle d'y construire « les cathédrales du XXe siècle » et d'un « projet qui soit l'équivalent de Suez et de Panama », est chargé du dossier

En mai 1990, lors du second septennat de François Mitterrand, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) est créée pour aider les anciens pays du bloc de l'Europe de l'Est. Jacques Attali préside la conférence de négociation à Paris et en devient le premier président à Londres. Sous son impulsion, la BERD lance des investissements destinés à la protection des centrales nucléaires, à la protection de l'environnement et, plus généralement, au développement des infrastructures, de la privatisation, et de la transition vers la démocratie.

En 1991, Jacques Attali invite Mikhaïl Gorbatchev au siège de la BERD à Londres, contre l'avis du Premier ministre britannique John Major. Il oblige ainsi les chefs d'État d'un G7 se déroulant dans la ville au même moment à recevoir le chef d'État soviétique. Au lendemain d'un entretien téléphonique houleux entre Jacques Attali et John Major, la presse britannique multiplie les critiques à l'encontre du président de la BERD, diffusant notamment des critiques sur la gestion de l'institution et révélant, en avril 1993, que la BERD avait dépensé pour elle-même deux fois plus d'argent qu'elle n'en avait déboursé pour ses activités à l'Est (il est notamment visé pour avoir fait remplacer le marbre du siège de la BERD) — critiques qui seront ensuite relayées par la presse française. Jacques Attali explique sa position dans le chapitre « Verbatim et la BERD » du livre C'était François Mitterrand ainsi que dans le livre Europe(s) : « les travaux en question avaient été réalisés sous la responsabilité d'un groupe de travail international dont je ne faisais pas partie ». De fait, à son départ, contraint par diverses révélations de quotidiens britanniques et frais injustifiés, de la BERD en juin 1993, Jacques Attali a reçu pour sa gestion le quitus du conseil des gouverneurs.

En novembre 1998, il fonde Positive Planet, une organisation aujourd'hui présente dans 40 pays qui finance, conseille et forme plusieurs centaines d'institutions de microfinance et des milliers de microentreprises. Elle emploie plus de 200 salariés et poursuit des activités de conseil, de notation, de financement et d'assurance. En particulier, elle travaille dans les banlieues françaises. Jacques Attali crée aussi MicroCred, filiale bancaire de Positive Planet, et a également présidé le Conseil d'administration de la Fondation Positive Planet et de ses filiales (MicroCred, Microworld). En 2019, il fonde l'Institut de l'Economie Positive.

Il lance enfin le forum de l'économie positive en 2008 au Havre, dont le maire est Édouard Philippe.

Défenseur de la constitution et de l'établissement d'un État de droit mondial, condition pour lui de la démocratie et de l'homme, il pense en postulat que l'économie régulée par une institution de surveillance financière mondiale peut être une solution à la crise financière émergeant en 2008. Cette institution financière serait une première étape vers l'instauration d'une gouvernance démocratique mondiale dont l'Union européenne peut devenir un laboratoire.

Carrière financière privée

En 1994, Jacques Attali crée Attali et Associés, cabinet de conseil international spécialisé dans le conseil stratégique, l'ingénierie financière et les fusions-acquisitions. Il le dirige toujours.

Jacques Attali est administrateur du broker français Kepler Cheuvreux, de la société de biotechnologie Pharnext, a présidé le conseil de surveillance de Slate.fr et préside l'International Advisory Board de C3.

Musique et arts

Passionné de musique, il pratique le piano depuis l'enfance (on l'a entendu jouer à France2 pour les Restos du Cœur) et a écrit une chanson pour Barbara intitulée Coline. Il publie en 1977 Bruits, essai sur l'économie musicale et sur l'importance de la musique dans l'évolution des sociétés, traduit dans de très nombreuses langues.

En 1978, il joue son propre rôle dans Pauline et l'ordinateur, le film de Francis Fehr

Depuis 2003, il dirige l'Orchestre universitaire de Grenoble, ouvert aux étudiants et musiciens amateurs, sous la direction de Patrick Souillot dans des pièces diverses : une symphonie de Benda, des concertos pour violon de Bach, une messe de Mozart, l'Adagio de Barber, le double concerto pour violon et piano de Mendelssohn, et Lieder de Strauss. Il a dirigé en 2012 l'orchestre Musiques en Seine dans l'ouverture du Barbier de Séville, et l'orchestre Lamoureux lors d'une soirée de gala à Paris pour le Technion, partageant le pupitre avec son ami, le généticien Daniel Cohen. Il a aussi dirigé la Sinfonietta de Lausanne en août 2012 et le concerto en sol de Ravel avec l'Orchestre symphonique de Jérusalem à Jérusalem en octobre 2012, puis à Paris, puis avec l'orchestre symphonique à Shanghai fin 2013, puis d'autres orchestres à Bondy, Marseille, Londres, Astana, Montréal, etc

Avec Patrick Souillot, il crée en 2012 une structure nationale sur le modèle de La Fabrique Opéra Grenoble, dans de nombreuses villes de France, qui permet de coordonner la production d'opéras coopératifs en y associant les élèves des lycées techniques

Réflexions sur la croissance et l'économie positive

Commission pour la libération de la croissance française, dite « Commission Attali »

Le 24 juillet 2007, Jacques Attali est chargé par Nicolas Sarkozy de présider une commission bipartisane chargée d'étudier « les freins à la croissance » après le renoncement de Philippe Séguin. Cette commission est composée de quarante-deux membres, choisis librement par lui, essentiellement issus du courant libéral et social-démocrate. Il choisit comme rapporteurs Josseline de Clausade et Emmanuel Macron. Son rapport est remis au président de la République le 23 janvier 2008. Il contient des recommandations pour transformer en profondeur l’économie et la société françaises afin de « libérer la croissance » et relever différents défis macro-économiques.

Commission pour l'« économie positive »

En 2012, François Hollande a commandé à Jacques Attali un rapport sur la situation de l'« économie positive », c'est-à-dire au service des nouvelles générations. L'objectif de ce rapport, dont Angélique Delorme est rapporteure, est de mettre fin au « court-termisme », de passer d'une « économie individualiste » fondée sur le court terme à une économie fondée sur « l'intérêt général et l'intérêt des générations futures », d'organiser la transition d'un « modèle ancien fondé sur l'économie de la richesse » à un modèle dans lequel « les agents économiques auront d'autres obligations que la maximisation du profit ». Ce rapport, rédigé par une vaste commission, propose 44 réformes. Il s'inscrit dans le cadre du mouvement de l'économie positive, qui se réunit depuis 2012 chaque année au Havre, et bientôt dans d'autres pays.

Il rend en 2014 un rapport portant sur l'avenir de la Francophonie, avec Angélique Delorme.

Divers

En mars 2001, il est mis en examen dans le cadre de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola. Il est ensuite relaxé.

En 2012, il est l'une des personnes prises comme exemple, en qualité de prescripteur d’opinion, par le film documentaire français sorti en janvier 2012 : Les Nouveaux Chiens de garde, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique français.

L'association Acrimed (Action critique Médias) a publié un article intitulé « Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats » en octobre 2012 et plusieurs autres consacrés à Jacques Attali4

Fin 2016, il est la personnalité française sans mandat électif la plus suivie à travers trois réseaux sociaux différents

Il est membre du comité stratégique de la France China Foundation (FCF), institution franco-chinoise dont l’objectif est d’encourager le dialogue entre la France et la Chine

Une énorme production de livres. A citer :

Mémoires

  • Verbatim I, Éditions Lgf, 1986, rééd. Fayard 1993
  • Europe(s), Fayard, 1994
  • Verbatim II, Fayard, 1995
  • Verbatim III, Fayard, 1995
  • C'était François Mitterrand, Fayard, 2005

Rapports

  • Pour un modèle européen d'enseignement supérieur, Éditions Stock, 1998
  • Portraits de micro entrepreneurs, 2006, avec Muhammad Yunus
  • L'Avenir du travail, Fayard, 2007, avec Erik Orsenna, Pierre Cahuc, François Chérèque et Jean-Claude Javillier
  • 300 décisions pour changer la France, XO éditions, 2008
  • Paris et la mer. La Seine est capitale, Fayard, 2010
  • Une ambition pour 10 ans, Éditions XO, 2010
  • Pour une économie positive, Fayard, 2013
  • La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable, La Documentation française, 2014
  • 100 jours pour que la France réussisse, éditions Fayard, (ISBN 2213700745), 2016

Distinctions

  • Prix Henri-Poincaré du major de l'École polytechnique 1965.
  • Prix Laplace de l'Académie des sciences 1974.
  • Docteur honoris causa de l'université de Haïfa.
  • Docteur honoris causa de l'université du Kent.