Décerné par France

Type Ordre honorifique civil et militaire

Décerné pour Conduite civile irréprochable et méritante ou faits de guerre exceptionnels après enquête officielle. À titre militaire :

  • – officiers : une citation ou blessure de guerre
  • – sous-officiers : médaille militaire 14-18 ou/et 39-45 et trois citations ou blessures de guerre

Éligibilité Militaires ou civils

L’ordre national de la Légion d'honneur est l'institution qui, sous l'égide du grand chancelier et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte, elle récompense depuis ses origines les militaires comme les civils ayant rendu des « services éminents » à la Nation.

En 2016, il existe 93 000 récipiendaires vivants, et environ un million de personnes ont reçu cette médaille depuis sa création

Histoire

Romaine par son nom (inspirée par la Legio honoratorum conscripta de l'Antiquité), par son symbolisme (les aigles) et son organisation (seize cohortes pour la France), la Légion d'honneur infléchit la tradition des ordres d'Ancien Régime en étant ouverte à tous, et non plus seulement aux officiers. Alors que certains, comme le ministre de la Guerre Berthier, y voient une atteinte au principe de l'égalité civique et considèrent les décorations comme des hochets de la monarchie, Bonaparte justifie cette institution en conseil d'État : « Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui sût se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c'est avec des hochets que l'on mène les hommes. »

La Révolution française avait en effet aboli toutes les décorations de l'Ancien Régime. L'Assemblée constituante avait créé la Décoration militaire, bientôt elle aussi supprimée. Sous la Convention, les généraux avaient pris pour habitude d'attribuer des armes d'honneur (fusil d'honneur, sabre d'honneur, ou encore tambour d'honneur) pour récompenser les actes de bravoure.

Le projet de loi est discuté devant le Conseil d'État à partir du 14 floréal an X (4 mai 1802) : Bonaparte y intervient personnellement et pèse de tout son poids pour soutenir la nécessité de distinctions, pour repousser la création d'un ordre strictement militaire et pour réfuter les accusations de retour à l'Ancien Régime. Le projet est adopté par 14 voix contre 10. Saisi du projet le 17 mai 1802, le Tribunat, qui avait nommé Lucien Bonaparte rapporteur, l'approuve par 56 voix contre 38, malgré l'opposition jacobine qui craint la restauration d'une nouvelle aristocratie et une entorse au principe révolutionnaire d'égalité. Lucien Bonaparte, Pierre-Louis Roederer, Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont et Mathieu Dumas défendent tant et si bien le texte de loi qu'il est adopté le 29 floréal an X (19 mai 1802), par le Corps législatif. La loi n'est signée et scellée par le Premier consul que le 9 prairial an X (29 mai 1802). Le premier grand chancelier nommé le 14 août 1803 est un civil (qui restera le seul civil à cette fonction), Bernard-Germain de Lacépède.

Les insignes sont fixés par décret le 22 messidor an XII (11 juillet 1804) : une étoile d'argent pour les légionnaires, une étoile d'or pour les autres grades. Par bien des aspects, ces insignes rappellent visuellement ceux de l'ordre de Saint-Louis, créé par Louis XIV pour honorer les officiers et supprimé en 1792 : le ruban rouge, les branches en croix de Malte pommetées et émaillée de blanc de l'étoile, qui supporte un médaillon central doré à la bordure émaillée de bleu.

Les premières nominations sont publiées en fructidor an XI (septembre 1803). Quatre grades sont créés : « légionnaire », « officier », « commandant » et « grand officier ». Le 26 messidor an XII (15 juillet 1804) a lieu en la chapelle des Invalides la toute première remise de Légion d'honneur par Napoléon Bonaparte aux officiers méritants au cours d'une fastueuse cérémonie officielle, la première de l'Empire. La remise des insignes se fait selon un appel alphabétique des récipiendaires (tous des civils), signe de respect par le nouveau régime du principe révolutionnaire d'égalité. Napoléon décore pour la première fois[réf. nécessaire] des militaires lors de la deuxième cérémonie au camp de Boulogne le 16 août 1804. La Légion d'honneur s'adresse dès les origines aussi bien aux civils qu'aux militaires, on prête d'ailleurs à Napoléon la célèbre phrase : « Je veux décorer mes soldats et mes savants »

Un décret du 10 pluviôse an XIII (30 janvier 1805) ajoute la Grande Décoration dont les titulaires seront par la suite nommés « grand aigle », puis « grand cordon » (ordonnance du 19 juillet 1814) et enfin « grand'croix » (ordonnance du 26 mars 1816). À cette date, les appellations sont modifiées comme suit : les légionnaires deviennent des « chevaliers », les commandants des « commandeurs »

L'association des mérites militaires et civils (la répartition actuelle est environ : deux tiers – un tiers), permet à l'ordre de survivre à tous les régimes jusqu'à aujourd'hui, où on dénombre plus de 93 000 légionnaires (en 2017), ce qui correspond actuellement à environ 3 500 citoyens décorés par an (650 militaires d'active, 650 militaires à titre d'anciens combattants, et 2 200 civils)

Le général de corps d'armée Jean Vallette d'Osia (décoré en 1917 à l'âge de 19 ans) est celui qui a appartenu à l'ordre le plus longtemps, 82 ans : il a été décoré du grand cordon en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing.

Le plus jeune décoré à titre militaire de toute l'histoire de la Légion d'honneur a été Sosthène III de La Rochefoucauld (1897-1970), duc de Doudeauville, à 19 ans.

En 1981, le général d'armée Alain de Boissieu, grand chancelier de la Légion d'honneur depuis 1975, démissionne pour ne pas avoir à remettre, comme cela est la tradition pour tout président élu, le collier de grand maître de l'ordre à François Mitterrand, parce que ce dernier avait par le passé traité Charles de Gaulle de « dictateur »

Depuis les années 2010, l'institution incite les décorés à s'investir dans la société en finançant des projets d'entraide. Cette initiative de l'ordre est pilotée par la Société des Membres de la Légion d'honneur, qui compte 52 000 membres, sur les 92 500 décorés vivants

En novembre 2017, le président de la République Emmanuel Macron se prononce pour la revalorisation de la Légion d'honneur, son entourage rappelant que la distinction n'est pas « un témoin d'usure, mais une marque d'engagement» et que « le mérite doit être désormais le seul et unique critère retenu». Pour cela, il compte limiter le nombre de décorations remises. À cette fin, aucune promotion n'est effectuée à Pâques en 2018. Hors promotion spéciale, ne demeurent que la promotion du 14 juillet et celle du 1er janvier. Ce nouveau calendrier des promotions civiles est entériné par le décret no 2018-1007 du 21 novembre 2018

Organisation

L'ordre de la Légion d'honneur, institué par la loi du 29 floréal an X (19 mai 1802) prise en application de l'article 87 de la Constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799), est une communauté constituée de tous ses membres, dotée d'un nom, d'un sceau, d'un statutf, d'un patrimoine, et d'une personnalité juridique de droit public.

Il est régi par le Code de la Légion d'honneur, de la médaille militaire et de l'ordre national du Mérite, issu de la refonte et des réformes profondes voulues par le général de Gaulle en 1962.

Sa devise est « Honneur et Patrie ».

La Légion d'honneur est composée de chevaliers, d'officiers, de commandeurs, de grands officiers et de grand-croix

Les grands officiers et les grand-croix sont dignitaires de l'ordre. Leur rang correspond à une dignité et non à un grade.

La grande chancellerie est située à Paris dans le 7e arrondissement, dans l'hôtel de Salm, appelé aujourd'hui palais de la Légion d'honneur. Ce palais abrite aussi le musée de la Légion d'honneur.

Le grand maître

Le président de la République est le grand maître de l'ordre. La dignité de grand-croix lui est conférée de plein droit. Le président de la République, lors de la cérémonie de son investiture, est reconnu comme grand maître de l'ordre par le grand chancelier qui lui remet le grand collier en prononçant les paroles suivantes : « Monsieur le président de la République, nous vous reconnaissons comme grand maître de l'ordre national de la Légion d'honneur

Le grand chancelier

Sous l'autorité du grand maître et suivant ses instructions, le grand chancelier dirige les travaux du conseil de l'ordre et ceux des services administratifs. Il relève directement du président de la République, grand maître de l'ordre, qui peut l'appeler à être entendu par le conseil des ministres quand les intérêts de l'ordre y sont évoqués

Le grand chancelier est nommé par le président de la République, en Conseil des ministres ; il est choisi parmi les grands-croix de l'ordre. Il demeure en charge pour une période de six ans, sauf s'il est mis fin plus tôt à ses fonctions. Cette période est renouvelable. Depuis Lacépède, la plupart des chanceliers furent des militaires. Les responsabilités du grand chancelier sont assez étendues : il a la charge de tous les problèmes liés aux décorations en France. C'est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des décorations étrangères. Il est également chancelier de l'ordre national du Mérite.

Le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur

Le conseil de l'ordre, réuni sous la présidence du grand chancelier, délibère sur les questions relatives au statut et au budget de l'ordre, aux nominations ou promotions dans la hiérarchie et à la discipline des membres de l'ordre et des bénéficiaires de distinctions de l'ordre. Le conseil comprend, présidé par le grand chancelier :

  • quatorze membres choisis parmi les dignitaires et commandeurs de l'ordre ;
  • un membre choisi parmi les officiers ;
  • un membre choisi parmi les chevaliers

Ces membres sont choisis par le grand maître, sur proposition du grand chancelier. Ils sont nommés par décret. Le conseil est renouvelé par moitié tous les deux ans ; les membres sortants peuvent être nommés à nouveau

Nomination et promotion

L'admission et l'avancement dans la Légion d'honneur sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans

À titre exceptionnel, en temps de guerre, les actions d'éclat et les blessures graves peuvent dispenser des deux dernières conditions pour l'admission ou l'avancement dans la Légion d'honneur. Le Premier ministre est autorisé par délégation du grand maître à nommer ou à promouvoir dans l'ordre, dans un délai d'un an, les personnes tuées ou blessées dans l'accomplissement de leur devoir et qui sont reconnues dignes de recevoir cette distinction

Depuis un décret de novembre 2008, des nominations, promotions ou élévations directes aux grades d'officier et de commandeur ainsi qu'à la dignité de grand officier peuvent intervenir, afin de récompenser des carrières hors du commun, tant par leur durée que par l'éminence des services rendus. En janvier 2009, Simone Veil a été la première à bénéficier de cette disposition en étant directement élevée à la dignité de grand officier. La nomination directe à un grade supérieur à celui de chevalier est également possible lorsqu'il s'agit d'honorer une personnalité étrangère : c'est alors en fonction du rang protocolaire des récipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a-t-il été directement élevé à la dignité de grand officier de l'ordre en 1984)

Depuis ce même décret, « la dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».

L'attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les anciens hauts magistrats et ambassadeurs. L'obtention d'une médaille d'or aux Jeux olympiques fait l'objet d'une promotion spéciale. L'armée obtient environ un tiers des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes.

La troisième génération successive de titulaires de la Légion d'honneur pouvait bénéficier de la noblesse héréditaire. Cette disposition, tombée en désuétude sous la IIIe République et abolie en 1962 lors de la parution du code de la Légion d'honneur, provenait de l'ordonnance royale du 8 octobre 181440 qui dispose que : « lorsque l'aïeul, le fils et le petit-fils auront été successivement membres de la Légion d'honneur et auront obtenu des lettres patentes, le petit-fils sera noble de droit et transmettra sa noblesse à toute sa descendance ».

Modalités

Les ministres adressent leurs propositions au grand chancelier en préparation des différentes promotions : les deux promotions civiles du 1er janvier et du 14 juillet à l'occasion de la fête nationale, et les deux promotions à titre militaire du 1er juillet et du 1er novembre. Le Premier ministre, auquel il est rendu compte de ces propositions par chaque ministre, adresse directement au grand chancelier les avis et observations qu'elles appellent éventuellement de sa part. Depuis 2008, une procédure d'« initiative citoyenne » permet à tout citoyen de proposer une personne qu'il estime méritante pour une première nomination dans la Légion d'honneur ou dans l'ordre national du Mérite. Si cette proposition est soutenue par cent personnes dans le même département, elle est examinée par le préfet et, s'il juge la proposition justifiée, la transmet au ministre de tutelle ainsi qu'au grand chancelier

La parité homme-femme est strictement appliquée depuis 2008.

L'admission dans l'ordre (chevalier) comportait, à sa création, une rente annuelle (importante pour l'époque, notamment pour la plupart des soldats décorés d'origine modeste, quand n'existaient pas alors les actuels régimes sociaux de retraite et où les rentes militaires versées aux anciens soldats d'une armée beaucoup plus nombreuse étaient minimes) insaisissable de 250 francs or. En 2017, cette rente annuelle, réservée aux décorations attribuées à titre militaire, est beaucoup plus symbolique et ne s'élève plus qu'à

  • chevalier : 6,10 € ;
  • officier : 9,15 € ;
  • commandeur : 12,20 € ;
  • grand officier : 24,39 € ;
  • grand-croix : 36,59 €.

En juillet 2016, un rapport du Sénat propose de supprimer ces rentes symboliques, mettant en avant que les coûts de traitement (entre 650 000 et 800 000 €) sont aussi élevés que les montants effectivement distribués (720 000 €).

Réception dans l'ordre et brevet de nomination

La qualité de membre de l'ordre prend effet après la réception, et dure toute la vie ; elle n'est pas transmissible aux descendants.

Attribution aux étrangers

Les étrangers qui se sont signalés par les services qu'ils ont rendus à la France ou aux causes qu'elle soutient peuvent recevoir les insignes correspondant à une distinction de la Légion d'honneur. Ils ne sont pas pour autant reçus membres de l'ordre. Ces attributions, parfois controversées, sont accompagnées d'un certificat d'attribution de décoration, dont le modèle diffère des brevets de nomination. Contrairement à ces derniers, ils ne sont pas signés par le Grand chancelier mais seulement par le Grand Maître (Président de la République) et possèdent une rédaction qui leur est propre.

La distinction est aussi attribuée (hors contingent) à des chefs d'État (lors de la visite d'État), Premiers ministres, membres de gouvernement, ambassadeurs, hommes d'affaires ou artistes étrangers lors de leur venue en France, et à quiconque a servi les intérêts de la France. Par exemple, le 19 février 1999, le président de la République Jacques Chirac a remis l'insigne à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale. Ainsi une polémique a éclaté concernant la décoration en 2006 de Vladimir Poutine, président de la Fédération russe (2000-2008), comme grand-croix de la Légion d'honneur. Également, le 24 aout 2015, François Hollande a remis l'insigne aux trois Américains et au Britannique qui s'étaient saisis du terroriste de l'attentat du train Thalys le 21 août 2015 pour le désarmer.

Le code de la Légion d'honneur précise que pour l'attribution des médailles « aux chefs d'État étrangers, à leurs collaborateurs ainsi qu'aux membres du corps diplomatique », l'avis de la grande chancellerie et du conseil de l'ordre ne sont pas sollicités. Après 2010 et la jurisprudence « Noriega », du nom du président panaméen Manuel Noriega, le code de la Légion d'honneur est modifié par décret et il devient possible d'exclure de l'ordre les décorés étrangers

Il est difficile de connaître précisément la liste des étrangers décorés, car selon la grande chancellerie et la Commission d'accès aux documents administratifs, « Les décrets d'attribution de la Légion d'honneur aux étrangers ne sont pas communicables et les procédures disciplinaires sont confidentielles »

Récipiendaires de la Légion d'honneur

Nombre de membres de la Légion d'honneur

En 1962, on compte 320 000 décorés vivants : le général de Gaulle réforme la même année le code pour en fixer le nombre maximum à 125 000. Selon le code de la Légion d'honneur actuel, le nombre maximum de « légionnaires » est fixé à :

  • chevaliers : 113 425 ;
  • officiers : 10 000 ;
  • commandeurs : 1 250 ;
  • grands officiers : 250 ;
  • grands-croix : 75.

Au 15 juillet 2010, il y a : 74 384 chevaliers, 17 032 officiers, 3 009 commandeurs, 314 grands officiers et 67 grands-croix.

Au 1er janvier 2013, l'ordre comprend 93 000 légionnaires, tous grades confondus.

Féminisation de l'ordre

L'ordre est très majoritairement masculin. Depuis 2008, Le conseil de l'ordre veille à la parité au total, autant de décorés femmes qu'hommes

  • Première femme chevalier : Marie-Angélique Duchemin veuve Brûlon en 1851.
  • Première femme officier : Rosa Bonheur en 1894.
  • Première femme chevalier non française et troisième femme récipiendaire : Louise Catherine Breslau en 1901.
  • Première femme commandeur : Anna de Noailles en 1931.
  • Première femme grand officier : la femme de lettres Colette en 1953.
  • Première femme grand-croix : même si l'attribution de la grand-croix de la Légion d'honneur par Napoléon III à la reine Victoria avant 1870 est probable, la première femme officiellement décorée de la grand-croix a été la reine Emma des Pays-Bas en 1896.
  • En 1958, la princesse Véra Obolensky née Makarova, surnommée Vicky, reçoit à titre posthume la croix de chevalier.
  • Quand elle reçut la Légion d'honneur, le 30 décembre 1963, Alexandra David-Néel déclara « Bien sûr que cette distinction me fait plaisir, mais j'aurais tellement mieux aimé accueillir ici [à Samten Dzong] le 14e dalaï-lama ! »
  • 1969 : première femme à obtenir le grade de commandeur dans l'industrie : Yvonne-Edmond Foinant.
  • 1976 : grand officier de la Légion d'honneur (3e femme à obtenir cet honneur) : Yvonne-Edmond Foinant.
  • Geneviève de Gaulle-Anthonioz est la première Française grand-croix en 1997
  • Le 13 juillet 2012, Simone Veil devient la douzième femme à obtenir la distinction de grand-croix
  • Le 13 mars 2013, l'ex-gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, est devenue la première Canadienne à obtenir la distinction de grand-croix

Parmi les personnes nommées dans la Légion d'honneur et qui ont manifesté leur opposition, on peut citer, par ordre alphabétique :

  • Michèle Audin, mathématicienne, membre de l'Oulipo et fille du mathématicien Maurice Audin (1932-1957). En janvier 2009, elle refuse le grade de chevalier de la Légion d'honneur au motif de l'absence de réponse du président Sarkozy à la lettre ouverte envoyée par sa mère demandant que soit éclairci le mystère de la disparition de son mari en Algérie et que la France assume sa responsabilité
  • _Marcel Aymé, écrivain, qui a refusé la décoration qu'on lui proposait en 1949. Il s'en est expliqué dans le no 11 du Crapouillot de 1950 : il avait été condamné en 1946 à un « blâme sans affichage », pour avoir vendu, pendant l'Occupation, un scénario à une société allemande, la Continental-Films. Il écrivit en 1950 : « [en 1946] le Ministère de l'Éducation nationale me manifestait son désir de me décorer de la Légion d'honneur […]. Par respect pour l'État et pour la République, il me fallut refuser ces flatteuses distinctions qui seraient allées à un traître ayant « favorisé les desseins de l'ennemi. » _
  • Les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Ève Malouines (France Info), qui ont annoncé refuser la décoration en janvier 2009 : « Rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l’écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l'obligation de refuser cette distinction
  • l'économiste français Thomas Piketty, auteur du livre Le Capital au xxie siècle, a indiqué : « Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable » a-t-il justifié, estimant que l'État « ferait bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe » plutôt que de distribuer ces distinctions
  • Bernard Pivot en la refusant a déclaré : « C'est une prime à la notoriété et je n'ai pas envie de me retrouver avec mon petit ruban rouge devant des gens que j'admire et dont je sais qu'ils le mériteraient beaucoup plus que moi. Et, seconde raison, j'ai toujours pensé qu'un journaliste en activité ne doit pas l'accepter. Il se trouve que la gauche me l'a offerte, puis la droite, puis la gauche, et il me semble que si j'acceptais je serais un petit peu moins libre. »
  • Jack Ralite, ancien ministre, nommé dans la promotion du 1er janvier 2012. Il indique le 4 janvier 2012 suivant qu'« il n'a pas refusé trois fois la Légion d'honneur sous la gauche pour l'accepter une fois sous la droite», et qu'il ne sera pas « un élu qu'on porte à la boutonnière
  • Jo Spiegel, nommé dans la promotion du 1er janvier 2014, refuse la Légion d'honneur, donnant pour motif de sa décision « la critique sans concession d'une démocratie en panne et d'un système à bout de souffle »
  • l'auteur de bandes dessinées Jacques Tardi, nommé au grade de chevalier dans la promotion du 1er janvier 2013, affirme vouloir « rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque pouvoir que ce soit »
  • le 16 octobre 2006, le président de l'organisation d'Éducation supérieure turque et ancien recteur de l'université Galatasaray, le professeur Erdoğan Teziç, a rendu l'insigne de la Légion d'honneur qu'il avait reçue le 17 septembre 2004 pour protester contre l'adoption de la loi par l'Assemblée nationale française visant à pénaliser la négation du génocide arménien ;
  • Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches à l'INSERM, refuse la Légion d'honneur en juillet 2012 afin de dénoncer l'« indifférence » qui touche la santé au travail et l'impunité des « crimes industriels »
  • Henri Torre, ancien ministre, ancien sénateur et président du conseil général de l'Ardèche, refuse la Légion d'honneur en janvier 2012, indiquant qu'« on a nommé trop de gens qui ne méritaient pas d'être nommés… on a bafoué cette haute distinction en nommant n'importe qui
Geneviève de Fontenay a affirmé que cette décoration « est distribuée maintenant comme une médaille en chocolat, à tout le monde
Edmond Maire déclara : « Ce n'est pas à l'État de décider ce qui est honorable ou pas

Retrait de la décoration

Les procédures disciplinaires concernant des légionnaires qui ont commis des actes contraires à l'honneur peuvent aboutir à trois peines : le blâme (appelé censure), la suspension (de durée variable 1 à 10 ans) et la radiation définitive (exclusion) de l'ordre. La radiation de l'ordre peut intervenir comme sanction ultime en cas d'atteinte à l'honneur ou à la dignité, à la suite d'une procédure disciplinaire au cours de laquelle l'intéressé est appelé à faire valoir sa défense. Cette radiation, qui vaut retrait de la décoration, est en théorie automatique en cas de condamnation pour crime, ou à une peine d'emprisonnement ferme supérieure ou égale à un an. Ce fut le cas de Maurice Papon qui, bien que s'étant vu retirer cette décoration, a néanmoins tenu à être enterré avec elle. Le policier Jean-Claude Labourdette a été également exclu de la Légion d'honneur après sa condamnation en 1994 pour un trafic d'armes au Liban. Le 20 août 2012, John Galliano s'est également vu retirer sa décoration à la suite de sa condamnation en septembre 2011 à 6 000 euros d'amende avec sursis pour injures antisémites. En octobre 2017, la procédure de retrait de la décoration du producteur Harvey Weinstein pour « manquement à l'honneur » est engagée, à la suite de nombreuses accusations de harcèlements, d'agressions sexuelles et de viols. Un arrêté du 17 mai 2019 exclut Claude Guéant de l'ordre de la Légion d'honneur à compter du 16 janvier 2019, date de sa condamnation définitive à un an de prison ferme

Pour les récipiendaires étrangers, la seule sanction possible est le retrait de la décoration. L'exemple le plus récent reste le cycliste Lance Armstrong, nommé chevalier le 30 mai 2005, qui s'est vu retirer de l'ordre le 4 avril 2014 pour « comportement contraire à l'honneur », dû à la révélation de son dopage récurrent qui lui annule tous ses résultats sportifs, notamment ses sept victoires consécutives sur le Tour de France

Nomination controversée médiatiquement

La décoration du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Nayef Al Saoud, au rang de grand officier, par François Hollande a suscité de nombreuses réactions médiatiques au 1er trimestre 2016, le prince étant accusé d'être à la tête d'un pays où la décapitation au sabre reste une pratique courante et dont la bonne foi concernant la lutte contre le terrorisme est fortement remise en cause. Ces réactions médiatiques ont été plus vives encore à la suite du meurtre de Jamal Khashoggi.

Trafics de décorations

En 1887, un scandale politico-financier célèbre en tant qu'affaire des décorations et impliquant le commerce frauduleux de la Légion d'honneur a ébranlé la Troisième République en contraignant le président Jules Grévy (républicain modéré) à démissionner de sa charge.

Un second trafic de décorations a été mis au jour, en 1926, cette fois mettant en cause Marcel Ruotte, sous-chef de bureau au ministère du Commerce

Fabricants historiques

  • Maison Arthus-Bertrand, à Saint-Germain-des-Prés (Paris).
  • La Monnaie de Paris, quai de Conti (Paris).
  • Palais-Royal (Paris)