Date de naissance 29 septembre 1936 (82 ans)
Lieu de naissance Milan (Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Forza Italia (1994-2009), Le Peuple de la liberté (2009-2013), Forza Italia (depuis 2013)
Conjoint Carla Dall'Oglio (1965-1985), Veronica Lario (1990-2014)
Enfants Cinq, dont Marina et Pier Silvio
Diplômé de Université de Milan
Profession Homme d'affaires
Religion Catholicisme
Résidence Villa San Martino, Arcore , Palais Grazioli, Rome

Silvio Berlusconi, autrefois surnommé il Cavaliere, né le 29 septembre 1936 à Milan, est un homme d'affaires et homme d'État italien, président du Conseil des ministres de 1994 à 1995, de 2001 à 2006 et de 2008 à 2011.

Fondateur et dirigeant de la holding financière Fininvest, puis du groupe de communication Mediaset, Silvio Berlusconi est un des hommes les plus riches d'Italie avec une fortune estimée à plusieurs milliards d'euros.

Berlusconi et la France

1985, à un peu plus d'un an des élections législatives, le Parti socialiste redoute un échec et souhaite alors créer un espace nouveau, hors du domaine institutionnel de la télévision publique, susceptible de toucher un large public (contrairement à la chaîne privée à péage Canal+ cryptée) et de constituer un relais d'opinion à ses idées s'il venait à retourner dans l'opposition.

Le président de la République, François Mitterrand, lance alors le 16 janvier, lors d'un entretien télévisé, l'idée d'« un espace de liberté supplémentaire » et demande au gouvernement de Laurent Fabius d'étudier le projet. L'avocat Jean-Denis Bredin, chargé par le premier ministre de rédiger un rapport sur l'ouverture de « l'espace télévisuel à la télévision privée », le lui remet le 20 mai.

Il préconise la création de deux chaînes nationales privées en clair financées par la publicité et dont les fréquences seront concédées par l'État conformément à l'article 79 de la loi du 29 juillet 1982 sur la Communication audiovisuelle. Le 31 juillet, Georges Fillioud, secrétaire d’État français chargé des Techniques de la communication, présente en Conseil des ministres une communication sur le développement de l’audiovisuel. Il y annonce un projet de loi définissant la création d'ici le printemps 1986 de deux nouvelles chaînes de télévision privées à diffusion nationale, l'une généraliste, l'autre à vocation musicale, ainsi que des chaînes de télévision locales, au capital desquelles se retrouveraient groupes de presse, sociétés de production et publicitaires.

Un appel à candidature est lancé pour lequel postule de façon officieuse la CLT qui cherche à implanter RTL Télévision sur le territoire français.

Le groupe Fininvest du magnat italien de la télévision commerciale Silvio Berlusconi y voit l'occasion de s'étendre en Europe afin d'offrir son catalogue de programmes très fourni. Silvio Berlusconi s'associe début novembre 1985 au groupe Chargeurs réunis de Jérôme Seydoux et à Christophe Riboud pour créer la société France 5 qui présente un projet de télévision commerciale pour l'obtention d'une concession sur le nouveau cinquième réseau hertzien. Berlusconi fait alors jouer ses relations politiques au plus haut niveau, dont celle du président socialiste du Conseil italien, Bettino Craxi, qui se charge de le recommander chaudement à François Mitterrand.

Au même moment, le gouvernement engage une bataille avec l'opposition à l'Assemblée nationale pour obtenir un amendement de la loi sur les télévisions privées permettant la libre installation d'émetteurs par TDF en haut de la Tour Eiffel sans avoir à obtenir l'autorisation de la ville de Paris, propriétaire du monument et dont le maire n'est autre que le président du RPR, Jacques Chirac. L'amendement Tour Eiffel est finalement voté par les députés de la majorité le 15 novembre 1985.

Le 3 janvier 1992, l'association de défense de La Cinq est créée par Jean-Claude Bourret.

Le 16, Silvio Berlusconi propose un plan de sauvetage de La Cinq, mais le retire le 24 mars à cause des pressions du gouvernement, de l'influence de certains hommes politiques, et de l'hostilité des autres chaînes privées (TF1, Canal+ et M6) montées en coalition, qui proposent de créer ensemble une chaîne d'information qui prendrait la place de La Cinq. L'objectif est double : chasser Silvio Berlusconi de France et faire en sorte qu'aucune chaîne commerciale ne renaisse sur le cinquième réseau. Ce projet n'est pas accepté, mais la coalition l'emporte tout de même.

Le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire le 3 avril 1992, et La Cinq cesse d'émettre le dimanche 12 avril 1992 à minuit. Le 23 avril, l'État préempte le cinquième réseau hertzien pour y installer Arte, qui y est diffusé en soirée dès le 28 septembre 1992, rejoint en journée par La Cinquième (devenue France 5 en janvier 2002) à partir du 13 décembre 1994, rendant un retour de La Cinq impossible sous son ancienne forme.

Le groupe Hachette indemnisera AB productions (Animage) à hauteur de 41 millions de francs.

Le 20 février 2016, La Cinq fête ses 30 années de lancement et pour l'occasion, sur internet, plusieurs articles sont consacrés à la chaîne. Parmi ces articles, des extraits d'émissions ou encore la vidéo de la fin de La Cinq où il y a l'éclipse.

Son mouvement politique de centre droit Forza Italia, tout juste créé dans le contexte de l'opération Mains propres, remporte les élections générales de 1994, ce qui lui permet d'être élu député puis, dans la foulée, d'être nommé président du Conseil des ministres. Son gouvernement, fragile, tombe huit mois plus tard, à cause du retrait de la Ligue du Nord de la coalition.

En 2001, après la victoire de l'alliance de droite aux élections générales, il est à nouveau appelé à la tête du gouvernement ; il dirige deux gouvernements successifs jusqu'en 2006, lorsqu'il est défait de justesse par la coalition de Romano Prodi. Les élections générales de 2008 lui permettent d'accéder à la présidence du Conseil pour la troisième fois. Il est contraint de quitter ses fonctions fin 2011, sur pression des marchés et de chefs d'État, en pleine crise économique nationale et européenne.

À l'issue des élections générales de 2013, la coalition de centre droit qu'il conduit talonne le centre gauche, ce qui rend difficile la formation d'un nouveau gouvernement. Il est déchu de son mandat de sénateur cette même année, à la suite d'une condamnation pour fraude fiscale. Il relance alors Forza Italia, qui avait été dissoute dans Le Peuple de la liberté (PdL) en 2009. Lors des élections générales de 2018, Forza Italia est pour la première fois devancée par la Ligue du Nord. Il est élu député européen en 2019.

Troisième chef de gouvernement à la plus grande longévité depuis la réunification de l'Italie en 1861, il détient le record de longévité à la présidence du Conseil sous la République italienne (plus de neuf ans). Il a profondément marqué la vie politique italienne, que ce soit par son style de gouvernement ou par les scandales et mises en cause judiciaires qui ont émaillé son parcours.

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Silvio Berlusconi est le premier enfant d'une famille de la petite bourgeoisie milanaise.

Il passe son enfance au nord-ouest de Milan, d'abord à Saronno, ville natale de son père, puis à Lomazzo durant l'occupation allemande alors que son père qui était soldat avait dû se réfugier en Suisse. Son père, Luigi Berlusconi (1908-1989), a travaillé la majeure partie de sa vie à la Banque Rasini, passant du rang de simple employé à celui de fondé de pouvoir. Sa mère, Rosa Bossi (1911-2008), était femme au foyer, après avoir été secrétaire chez Pirelli durant la guerre.

En 1954, il passe sa maturité, dans une section lettres classiques, au lycée catholique Copernic de Milan.

En parallèle de ses études à l'université de Milan, il occupe plusieurs emplois comme vendeur de produits d'électroménager, photographe ou encore chanteur. En 1961, il obtient une licence en droit en présentant une thèse sur les aspects juridiques de la publicité.

Vie privée et familiale

En 1965, il épouse Carla Dell'Oglio (née en 1940), originaire de Gênes, avec laquelle il a deux enfants :

  • Maria Marina Elvira Berlusconi (1966), vice-présidente, puis présidente de la Fininvest ;
  • Pier Silvio Berlusconi (1969), vice-président de Mediaset et président de RTI, la société qui contrôle toutes les activités de la famille Berlusconi dans la télévision.
  • En 1980, toujours marié, Silvio Berlusconi rencontre l'actrice Veronica Lario, avec qui il entretient une liaison.
  • En 1984, en Suisse, Veronica Lario donne naissance à une fille, Barbara. Après la naissance de cet enfant illégitime que l'homme d'affaires reconnaît, Silvio et Carla Berlusconi divorcent. Berlusconi assume alors la relation qu'il entretient avec son ancienne maîtresse. Le couple aura deux autres enfants, Eleonora (1986) et Luigi (1988). * Le 10 décembre 1990, Silvio Berlusconi épouse civilement Veronica Lario, à Milan ; la cérémonie, célébrée par le maire socialiste de la ville, Paolo Pillitteri, a pour témoins le journaliste Gianni Letta, l'homme d'affaires Fedele Confalonieri et l'ancien président du Conseil socialiste Bettino Craxi.

« Excédée par [le] comportement » de Silvio Berlusconi et les relations de son époux avec des femmes plus jeunes que lui, Veronica Berlusconi décide, en mai 2009, de demander le divorce. En mai 2010, le tribunal de Milan ordonne à Silvio Berlusconi de verser à son ancienne épouse une pension de 300 000 € par mois. Le 28 décembre 2012, le tribunal de Milan rend un nouveau jugement : Veronica Lario touche finalement trois millions d'euros de pension mensuelle. Le divorce du couple est prononcé le 18 février 2014.

  • En décembre 2012, Silvio Berlusconi s'affiche au bras de Francesca Pascale, une jeune militante de son parti, qu'il présente officiellement comme sa fiancée.

Il possède la villa San Martino à Arcore, près de Milan, et la luxueuse villa Certosa, à Porto Rotondo (Sardaigne), où il accueille plusieurs hommes d'État, dont Vladimir Poutine et Tony Blair.

Inéligibilité et refondation de Forza Italia (depuis 2013)

Après sa condamnation définitive dans l'affaire Mediaset, le 1er août 2013, il menace de provoquer la chute du gouvernement Letta s'il venait à être déchu de son mandat de sénateur. Le 27 novembre 2013, le Sénat vote en plénière la déchéance de son mandat de parlementaire. Silvio Berlusconi était parlementaire sans discontinuer depuis près de vingt ans.

Quelques jours auparavant, le 16 novembre 2013, il avait dissout le PDL pour redonner naissance à Forza Italia, qu'il situe dans l'opposition. Une partie des membres du PdL, notamment Angelino Alfano, considéré comme son dauphin, lancent de leur côté le Nouveau Centre-droit (NCD). L'année précédente, plusieurs membres du PDL avaient participé à la création du parti nationaliste Frères d'Italie. Jusqu'en 2017, Forza Italia connaît de faibles intentions de vote et des résultats électoraux mitigés, sur fond de divisions internes au parti et à la droite. En juin 2016, à la suite d'une crise cardiaque, Silvio Berlusconi est opéré à cœur ouvert et entame une convalescence de plusieurs semaines.

Il fait réellement son retour dans les médias au cours de l'année 2017. Avec Michela Brambilla, députée Forza Italia, il lance le Mouvement animaliste, qui vise à défendre les droits des animaux.

En vue des élections générales de 2018, il se positionne en chef de file du centre droit. Il promet d'importantes mesures fiscales (taxe unique sur les revenus, minimum vieillesse de 1 000 euros mensuels, abolition des droits de succession et de la vignette automobile) et mène une fin de campagne centrée sur la lutte contre l'immigration. Forza Italia progresse dans les mois précédant le scrutin et repasse devant la Ligue. Face au populisme du Mouvement 5 étoiles et au déclin du bloc de gauche au pouvoir depuis 2013, l'alliance des partis de droite (Forza Italia, Ligue du Nord, Frères d'Italie, Quarto Polo) est donnée en tête des élections. Silvio Berlusconi reste toutefois sous le coup de sa peine d'inéligibilité pour fraude fiscale, ce qui ne l'empêche pas formellement de redevenir président du Conseil mais rend l'hypothèse peu probable selon les médias. Il soutient la candidature du président du Parlement européen, Antonio Tajani, au palais Chigi.

Avec 14 % des voix, Forza Italia arrive finalement derrière la Ligue de Matteo Salvini (17,4 %). Le 9 mai 2018, dans le cadre de la formation d'un nouveau gouvernement, Silvio Berlusconi autorise une alliance entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, en précisant toutefois que son parti ne votera pas la confiance à un gouvernement alliant les deux formations. Trois jours plus tard, il est « réhabilité » par le tribunal de Milan dans l'affaire Mediaset, ce qui lui permet d'être à nouveau éligibl2. Dans les mois qui suivent, Forza Italia s'affiche dans l’opposition au gouvernement Conte et passe sous la barre des 10 % dans les sondages alors que la Ligue dépasse les 30 %.

Il conduit Forza Italia aux élections européennes de 2019135. Le parti arrive en quatrième position du scrutin avec 8,8 % des voix, très loin derrière la Ligue (34,3 %)136. Silvio Berlusconi est élu au Parlement européen et annonce son intention de siéger au sein du groupe PPE.

Au début des années 1990, l'opération Mains propres, qui a révélé au grand jour un État corrompu dans toutes ses sphères, a signé la fin de l'hégémonie de la Démocratie chrétienne et du Parti socialiste italien. Dans cette période de trouble, Silvio Berlusconi est apparu comme un nouveau type de dirigeant politique, issu de l'entreprise de médias et symbole de la prospérité économique qu'avait connue le pays à la suite de la Seconde Guerre mondiale.

Son image est particulièrement clivante, avec des soutiens inconditionnels et des opposants particulièrement déterminés.

S'affichant comme un grand séducteur, il a recours au maquillage et à la médecine esthétique : il bénéficie ainsi d'une rhytidectomie (« lifting ») fin 2003, d'une greffe de cheveux à l'été 2004, puis aurait multiplié les opérations de chirurgie esthétique.

Un autre aspect de la personnalité de Silvio Berlusconi réside dans son utilisation de traits d'humour, qui sont parfois jugés insultants

Selon Pierre Musso, auteur de plusieurs ouvrages sur Silvio Berlusconi, la longévité en politique de celui-ci résulte de la combinaison de trois facteurs :

1. politiques : la maîtrise du premier parti politique de la Péninsule (Forza Italia, puis Le Peuple de la liberté) ; une alliance très forte de toutes les droites, notamment avec la Ligue du Nord ; la faiblesse et la division de la gauche et du centre gauche et la bipolarisation de la vie politique italienne, peu à peu transformée en « bipersonnalisation » par il Cavaliere ;

2. symboliques : la recherche d'un « État entreprise » se référant à l'efficacité, à la culture du « faire » et du travail, combinées aux valeurs et à l'éthique catholique, dominante en Italie (famille, travail, questions morales) ;

3. techniques : conquête et exercice du pouvoir inspirées du marketing (sondage, suivi de l'opinion…) et de la « néo-télévision », la télévision du talk show et de la téléréalité. Ces techniques servent à capter l'attention des citoyens considérés comme un public de consommateurs.

À partir de 1994, le siège du groupe Fininvest fait l'objet de multiples perquisitions et Silvio Berlusconi de plusieurs enquêtes et mises en examen. Des membres de son entourage ont également été inquiétés, parmi lesquels son frère Paolo et son avocat Cesare Previti. Au total, il Cavaliere a été poursuivi dans une vingtaine d'affaires judiciaires pour corruption, fraude fiscale, faux en bilan ou encore financement illicite de parti politique.

Le 7 octobre 2009, la Cour constitutionnelle italienne juge anticonstitutionnelle la loi accordant l'immunité à Silvio Berlusconi : en conséquences, le procès « David Mills » reprend le 27 novembre 2009 et celui de « Mediaset », le 18 janvier 2010.

Il a ainsi plusieurs fois été condamné en première instance, mais a toujours été relaxé en appel ou a bénéficié de prescriptions, jusqu'au 1er août 2013, date à laquelle la Cour de cassation confirme la condamnation de Silvio Berlusconi pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset

Rue Silvio Berlusconi à Kamza (Albanie)