Création 26 juillet 1947
Affiliation Aucune (agence indĂ©pendante du gouvernement des États-Unis)
Juridiction Gouvernement fĂ©dĂ©ral des États-Unis
Siùge Drapeau : États-Unis Langley (Virginie, États-Unis)
CoordonnĂ©es 38° 57â€Č 08″ N, 77° 08â€Č 43″ O
Employés Classifié (22 206 en 2012)
Budget annuel Classifié (15,3 milliards en 20122)
Ministre responsable Dan Coats (directeur du renseignement national)
Activité(s) Renseignement
Produit(s) National Intelligence Estimates, World Factbook
Direction Gina Haspel (directrice)
Agence mĂšre CommunautĂ© du renseignement des États-Unis
Site web https://www.cia.gov

La Central Intelligence Agency (CIA, «agence centrale de renseignement» en français), fondĂ©e en 1947 par le National Security Act, est l'une des agences de renseignement les plus connues des États-Unis. Elle est chargĂ©e de l'acquisition du renseignement (notamment par l'espionnage) et de la plupart des opĂ©rations clandestines effectuĂ©es hors du sol amĂ©ricain. Elle a le statut juridique d'agence indĂ©pendante du gouvernement des États-Unis.

La CIA, fondĂ©e dans le cadre du National Security Act entrĂ© en vigueur le 18 septembre 1947, a son quartier gĂ©nĂ©ral depuis 1961 sur le site de Langley, dans la ville de McLean en Virginie, aux États-Unis, Ă  environ 40 km de Washington. Auparavant elle occupait des bĂątiments dĂ©labrĂ©s connus sous le nom de Foggy Bottom, situĂ©s au 2430 E Street Ă  Washington. Elle a le droit de garder secrĂštes la plupart de ses caractĂ©ristiques : nombre d'employĂ©s, budget, etc.

D'aprÚs un document fourni par Edward Snowden, le budget alloué à la CIA pour l'année 2012 s'élÚve à 15,3 milliards de dollars. Son budget en 2010 avait été évalué à 10 milliards de dollars américains, sur un programme de renseignement national s'élevant à 53 milliards. En 2009, l'ensemble des seize agences - aujourd'hui dix-sept - de l'Intelligence Community avait un budget annuel de 75 milliards de dollars et employait quelque 200 000 personnes dans le monde, y compris des entrepreneurs privés.

La CIA s'organise en quatre directions principales :

  • la direction de l'Analyse (Directorate of Analysis, ex-Directorate of Intelligence), qui constitue la branche analyse de la CIA et qui est responsable de l’exploitation et de la diffusion du renseignement ;
  • la direction de la science et technologie, qui a pour mission de concevoir de nouvelles technologies pour l’aide Ă  la recherche du renseignement ;
  • la direction des OpĂ©rations, qui est responsable de la collecte du renseignement. Cette direction est Ă©galement responsable du recrutement, de la formation et du suivi des agents de renseignements en poste Ă  l’étranger. Sa Special Activities Division est responsable de la conduite des opĂ©rations clandestines ;
  • la direction du soutien qui est responsable de tout le soutien de la CIA (communications, sĂ©curitĂ©, logistique, services mĂ©dicaux et financiers).

À l'Ă©tranger, les antennes de la direction des opĂ©rations sont habituellement basĂ©es dans les missions diplomatiques amĂ©ricaines. On distingue les postes (stations), typiquement une par pays et basĂ©e dans l'ambassade amĂ©ricaine situĂ©e dans la capitale du pays hĂŽte, et les bases, antennes plus petites situĂ©es dans d'autres grandes villes. Le chef de poste de la CIA a autoritĂ© sur les Ă©ventuelles bases situĂ©es dans le mĂȘme pays.

ParallĂšlement aux officiers opĂ©rant sous couverture diplomatique, la CIA utilise Ă©galement des officiers utilisant d'autres couvertures (par exemple celles d'hommes d'affaires) dites nonofficial cover (NOC). Bien que prĂ©sentĂ© comme le type d'agent idĂ©al Ă  la situation de l'aprĂšs-guerre-froide dans la presse, l'expĂ©rience de la CIA avec les NOC a Ă©tĂ© mitigĂ©e, car ils ne sont pas forcĂ©ment plus efficaces pour approcher ses cibles, sont trĂšs coĂ»teux, plus exposĂ©s, ce qui n'incite pas Ă  les mĂȘler Ă  des opĂ©rations risquĂ©es.

En 2004, la CIA avait environ 1 100 officiers traitants en opération dans le monde, dont environ 160 NOC et 100 DCO (diversified cover officers, contractuels travaillant outre-mer)._

PrĂ©sence sur le territoire des États-Unis

La CIA n'est pas autorisĂ©e Ă  espionner des AmĂ©ricains, mais elle effectue certaines opĂ©rations sur le territoire des États-Unis depuis au minimum les annĂ©es 1960. Un type de ces opĂ©rations est le recrutement clandestin de citoyens Ă©trangers se trouvant sur le territoire amĂ©ricain pour qu'ils fournissent des renseignements sur leur pays d'origine ou des pays tiers. Par exemple, un cas fut rendu public vers 1983-1984 concernant un Afghan recrutĂ© sur le territoire amĂ©ricain. Revenu en Afghanistan, il a Ă©tĂ© retournĂ© par les services secrets afghans et soviĂ©tiques. L'opĂ©ration a abouti Ă  l'expulsion de son officier traitant, Richard Vandiver. Ces activitĂ©s tendent Ă  ĂȘtre coordonnĂ©es avec le FBI. Dans les annĂ©es 1980, le FBI et la CIA ont ainsi collaborĂ© dans le programme Courtship, concernant les opĂ©rations de recrutement et de traitement de SoviĂ©tiques sur le territoire amĂ©ricain. Aldrich Ames a en particulier traitĂ© deux informateurs soviĂ©tiques de la CIA Ă  New York, SergueĂŻ Fedorenko et Arkadi Chevtchenko, puis tentĂ© de recruter des SoviĂ©tiques aux États-Unis.

Un autre rÎle sur le territoire US est de « débriefer » des citoyens américains fournissant volontairement des informations à la CIA, typiquement des personnes revenant d'un voyage dans un pays étranger.

En 2001, ces activités étaient regroupées dans la National Resources (NR) Division qui comptait environ 500 officiers dans 36 grandes villes. Des stations de la CIA ont été signalées entre autres à New York, Washington, Seattle, Dallas, Houston, Pittsburgh et Chicago. Leurs couvertures sont soit commerciales, soit, à New York, sous couvert de l'ONU, diplomatiques.

Effectifs, recrutement et formation

Le personnel de la CIA Ă©tait prĂ©vu Ă  22 000 employĂ©s en 2012, en augmentation depuis le 11 septembre 2001 oĂč il Ă©tait estimĂ© Ă  17 000.

En 2003, la plus importante promotion de nouveaux agents de la CIA depuis 50 ans est arrivée. Elle est composée à 70 % de civils n'ayant jamais travaillé pour le gouvernement et d'un tiers de femmes, 12 % des recrutés sont issus de minorités ethniques et presque tous pratiquent avec aisance une langue étrangÚre.

Formées durant un an au centre d'entraßnement de la CIA à Camp Peary baptisé « La Ferme », ces recrues ont intégré le siÚge de Langley avec un salaire de départ de 45 000 à 60 000 dollars. Ces personnes ont été choisies parmi les| 300 000 CV que l'agence a reçus entre 2001 et 2002, un quart provenant de l'étranger, le plus souvent de citoyens européens. Seuls les citoyens américains peuvent postuler à la CIA.

Installations

  • Harvey Point Defense Testing Activity, surnommĂ© « le Point », prĂšs d'Hertford en Caroline du Nord.
  • Le quartier-gĂ©nĂ©ral du service, bĂąti Ă  Langley, en Virginie. Il a Ă©tĂ© baptisĂ© George Bush Center for Intelligence (en) en 1999.
  • Le site de Camp Peary (38 kmÂČ), surnommĂ© « la Ferme », prĂšs de Williamsburg, en Virginie, est notamment le centre d'entraĂźnement des officiers traitants.

RĂŽles

La CIA est chargée de deux rÎles : d'une part fournir et analyser des informations sur les gouvernements, les entreprises et les individus de tous les pays du monde pour le compte du gouvernement américain, d'autre part conduire des opérations clandestines à l'étranger. Ces derniÚres, bien que souvent citées, ne représenteraient qu'environ 3 % des dépenses de l'agence.

Son efficacité dans l'accomplissement de ces deux fonctions est critiquée.

En ce qui concerne la fonction informative, on peut relever que la CIA a été incapable de prévenir le président de nombreux évÚnements tels que « la premiÚre bombe atomique soviétique (1949), l'invasion de la Corée du Sud (1950), les soulÚvements antisoviétiques en Allemagne de l'Est (1953) et en Hongrie (1956), le déploiement de missiles soviétiques à Cuba (1962), la guerre israélo-arabe de 1967 et l'invasion du Koweït par Saddam Hussein en 1990. » Elle a surestimé les capacités militaires soviétiques dans les années 1950 puis les a sous-estimées dans les années 1970. Le bilan des opérations secrÚtes est également trÚs critiquable. Le « service le moins secret » était tenu en piÚtre estime par plusieurs présidents dont Richard Nixon qui disait de ses analystes qu'ils étaient « des clowns lisant des journaux ». La CIA n'a pas pu non plus avoir des informations précises les jours précédant les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, le Pentagone et Shanksville.

LĂ©gislation

Actuellement la CIA est sĂ©rieusement rĂ©glementĂ©e et surveillĂ©e par les pouvoirs exĂ©cutifs et lĂ©gislatifs amĂ©ricains, bien que ce n'ait pas toujours Ă©tĂ© le cas par le passĂ©. Elle conclut en 1954 avec le ministĂšre de la Justice un accord afin d’empĂȘcher toute poursuite Ă  l'encontre d'agents qui auraient commis des crimes et pourraient faire des rĂ©vĂ©lations confidentielles lors d'une Ă©ventuelle audience.

Depuis la crĂ©ation de la CIA jusqu'au milieu des annĂ©es 1970, aucun contrĂŽle parlementaire n'a Ă©tĂ© Ă©tabli sur « l'agence » (ni sur les autres services de renseignements amĂ©ricains). En 1975, deux commissions d'enquĂȘte parlementaires, dites commissions Church et Pike, auront droit d'enquĂȘter sur les activitĂ©s passĂ©es des services de renseignement.

Depuis 1975, le CongrĂšs maintient deux commissions chargĂ©es de superviser les activitĂ©s des services de renseignement amĂ©ricains, l'une, le SSCI (Senate Select Committee on Intelligence) dĂ©pendant du SĂ©nat, l'autre, le HPSCI (House Permanent Select Committee on Intelligence), constituĂ©e par des membres de la chambre des reprĂ©sentants. Depuis cette Ă©poque, l'exĂ©cutif amĂ©ricain a Ă©tabli un certain nombre de lois restreignant notamment les possibilitĂ©s de mener des opĂ©rations clandestines, notamment par des Executive Orders Ă©mis par les prĂ©sidents Gerald Ford (Executive Order 11 905), Jimmy Carter (E.O. 12 036) et Ronald Reagan (E.O. 12 333). La CIA n'a actuellement pas le droit de mener des actions sur le territoire des États-Unis, de mener des opĂ©rations clandestines sans en informer prĂ©alablement les commissions parlementaires, et, sauf ordre spĂ©cial du prĂ©sident des États-Unis, de mener ou contribuer Ă  un assassinat.

Origine

L'agence est la descendante de l'OSS, dissous en octobre 1945 ; William Donovan, son crĂ©ateur, propose alors Ă  Harry Truman la crĂ©ation d'une nouvelle agence directement sous l'autoritĂ© du prĂ©sident. En dĂ©pit de l'opposition des militaires, du DĂ©partement d'État et du FBI, le prĂ©sident met en place le Central Intelligence Group en janvier 1946. En 1947, il est transformĂ© en CIA. La NSA sera crĂ©Ă©e peu de temps aprĂšs en 1952.

En 1949, la CIA obtient l'autorisation d'utiliser des procédures fiscales et administratives confidentielles et devient exemptée des limitations habituelles dans l'utilisation du budget fédéral. Elle obtient aussi l'autorisation de dissimuler son organisation, ses fonctions, sa hiérarchie, ses salariés et la taille de son personnel.

Création

AprĂšs l'attaque de Pearl Harbor le 7 dĂ©cembre 1941, les États-Unis doivent en tirer les leçons et constatent que les services secrets amĂ©ricains ont Ă©tĂ© incapables de prĂ©voir l'offensive japonaise Ă  la suite d'une nĂ©gligence. Le FBI et son directeur, J. Edgar Hoover, perdent une partie de leurs pouvoirs : ils restent exclusivement compĂ©tents pour opĂ©rer sur le territoire des États-Unis, mais se voient retirer l'espionnage Ă  l'Ă©tranger qui sera confiĂ© aprĂšs la Seconde Guerre mondiale Ă  la nouvelle agence de renseignements, la CIA.

La CIA, placĂ©e sous l'autoritĂ© directe du PrĂ©sident des États-Unis, avait initialement la compĂ©tence de collecter et Ă©valuer les informations. Apparue dans le contexte de la guerre froide, sa seule fonction Ă©tait de prĂ©dire quand, comment et Ă  quel endroit l'Union soviĂ©tique allait attaquer les États-Unis. À l'origine, toute l'action de l'agence (aussi bien le renseignement que les opĂ©rations clandestines) est initialement dirigĂ©e contre l'Union soviĂ©tique et le bloc communiste, considĂ©rĂ©s comme les principaux adversaires des États-Unis. La CIA est donc le principal Ă©lĂ©ment de la politique de l'endiguement du communisme Ă©dictĂ©e par Harry Truman agissant au-delĂ  du rideau de fer.

Les actions de la CIA au dĂ©part concernent surtout l'Europe, considĂ©rĂ©e comme le futur champ de bataille de la TroisiĂšme Guerre mondiale. La CIA s'aide notamment (comme plusieurs services secrets) d'anciens nazis comme ceux enrĂŽlĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Reinhard Gehlen, issu de la Wehrmacht, y compris des criminels de guerre qui Ă©chappent ainsi aux poursuites judiciaires ; des rĂ©seaux d'exfiltration nazis sont formĂ©s pour les faire fuir (les services anglais, français et soviĂ©tiques ont fait de mĂȘme, mais n'ont jamais rĂ©vĂ©lĂ© leurs secrets contrairement Ă  la CIA. En outre, selon l'universitaire amĂ©ricain Christian Parenti : «Depuis son origine la CIA collabore avec les mafias impliquĂ©es dans le trafic de drogue dans le but que ces mafias servent l’objectif plus large de la lutte contre le communisme». Les actions de la CIA reprennent souvent les tactiques de l'OSS pendant la Seconde Guerre mondiale, comme la propagande et des liens avec des groupes de rĂ©sistants. La guerre avec l'URSS apparaissant possible, la CIA s'intĂ©resse plus aux opĂ©rations qu'aux renseignements. Ses actions contre le communisme sont de plusieurs types :

  • la constitution de rĂ©seaux de renseignement dans les territoires communistes, initialement pour connaĂźtre les plans militaires soviĂ©tiques d'une invasion de l'Europe. Les AmĂ©ricains sont lĂ  aussi originellement largement aidĂ©s par les Allemands avec la collaboration de la Gehlen Organization, rĂ©seau de renseignements du gĂ©nĂ©ral Reinhard Gehlen qui deviendra plus tard le Service fĂ©dĂ©ral de renseignement.
  • la constitution (en collaboration avec l'OTAN) de cellules stay-behind (littĂ©ralement : « reste(nt) derriĂšre »), c'est-Ă -dire de rĂ©seaux de rĂ©sistance en Europe de l'Ouest, devant ĂȘtre activĂ©es en cas d'occupation soviĂ©tique. La plupart des pays de l'Ouest en auront une ; l'existence de ces rĂ©seaux sera rendue publique dans les annĂ©es 1970. Le plus cĂ©lĂšbre est le Gladio italien (en liaison avec la loge maçonnique P2), rĂ©vĂ©lĂ© dans les annĂ©es 1980, qui regroupait des personnes proches de l'extrĂȘme droite italienne. En 1952, l'United States Army ajoute une nouvelle composante indĂ©pendante de la CIA en crĂ©ant les Special Forces, ou « bĂ©rets verts », force spĂ©ciale destinĂ©e Ă  agir dans les lignes ennemies et Ă  encadrer des maquis qui se formeraient en temps de guerre.
  • la lutte contre les partis communistes ouest-europĂ©ens, notamment en France (financement du syndicat non communiste Force ouvriĂšre) et en Italie : 75 millions de dollars amĂ©ricains furent utilisĂ©s pour le financement de la DĂ©mocratie chrĂ©tienne, pour la propagande et l'aide logistique avant les Ă©lections d'avril 1948, qui donnĂšrent aux chrĂ©tiens-dĂ©mocrates 48,5 % des voix et rendirent le Parti communiste italien, financĂ© par le Parti communiste soviĂ©tique, minoritaire.
  • la propagande anticommuniste vers les pays est-europĂ©ens, notamment par les stations de radio Radio Liberty, lancĂ©e en 1948, et Radio Free Europe Ă  partir de 1950, et dans une moindre mesure par l’United States Information Agency (USIA), crĂ©Ă©e en 1953 dans le cadre de la public diplomacy.
  • les infiltrations d'agents pour animer des maquis anticommunistes dans les pays est-europĂ©ens. Parmi les groupes soutenus figurent la rĂ©sistance albanaise Ă  Enver Hoxha qui fut dĂ©cimĂ©e lors d'une tentative de renversement du pouvoir en avril-mai 1950 (sur 500 Albanais envoyĂ©s, environ 300 furent tuĂ©s et une vingtaine faits prisonniers et exĂ©cutĂ©s par la suite), l'armĂ©e insurrectionnelle ukrainienne et des groupes werwolf allemands (avec lesquels l'organisation de Reinhard Gehlen sert de lien). Ces opĂ©rations Ă©choueront gĂ©nĂ©ralement pour deux raisons : au moins une taupe des services soviĂ©tiques, Kim Philby, Ă©tait informĂ©e de ces opĂ©rations, dont les renseignements permirent souvent aux militaires communistes de neutraliser ces agents dĂšs leur arrivĂ©e et la mauvaise Ă©valuation de la situation dans ces pays privait gĂ©nĂ©ralement les maquis du soutien attendu de la part des populations locales. Ces maquis seront gĂ©nĂ©ralement anĂ©antis Ă  la fin des annĂ©es 1940 ou au dĂ©but des annĂ©es 1950.

Espionnage et coups d'État

Un Lockheed A-12 Oxcart, avion de reconnaissance tri-sonique, conçu à la demande de la CIA exposé devant le siÚge de celle-ci.
AprĂšs les premiĂšres annĂ©es de la Guerre froide, les États-Unis et l'Union soviĂ©tique comprennent que du fait de la dissuasion nuclĂ©aire la guerre a peu de chance d'Ă©clater. DĂšs lors les affrontements changent et s'Ă©tendent partout dans le monde. De son cĂŽtĂ©, la CIA a compris que le bloc soviĂ©tique est bien trop solide pour espĂ©rer le voir s'effondrer par ses opĂ©rations clandestines comme la tentative du coup d'État en Albanie. La CIA commence Ă  opĂ©rer hors d'Europe, en Asie-Pacifique notamment Ă  partir de la guerre de CorĂ©e, mais ses actions en CorĂ©e du Nord sont gĂ©nĂ©ralement dĂ©cevantes, ce qui motive la crĂ©ation par l'US Army des Special Forces en 1952.

ParallĂšlement, dans le bloc soviĂ©tique, les opĂ©rations paramilitaires sont abandonnĂ©es et la collecte du renseignement s'intensifie et se diversifie : renseignements militaires, politiques, scientifiques
 C'est ainsi que (pour ne citer que les cas les plus cĂ©lĂšbres) au milieu des annĂ©es 1950 des agents de la CIA creusĂšrent un tunnel Ă  partir de Berlin-Ouest (voir OpĂ©ration Gold) pour atteindre des cĂąbles souterrains de communications militaires soviĂ©tiques sous Berlin-Est et les mettre sur Ă©coute, et qu'est dĂ©veloppĂ© l'avion espion U-2. Celui-ci permettra Ă  la CIA de faire des estimations prĂ©cises sur les forces stratĂ©giques soviĂ©tiques, corrigeant les mythes du « bomber gap » et du « missile gap », terminant par une crise diplomatique lors de l'incident de l'U-2. La CIA parvient Ă  se procurer une copie du rapport secret de Nikita Khrouchtchev dĂ©nonçant les crimes de Staline au XXe congrĂšs du PCUS, qui est publiĂ©e dans le New York Times.

Bien que la prioritĂ© de la CIA, dĂšs sa crĂ©ation en 1947, soit le Bloc communiste, durant plusieurs annĂ©es, l'Agence ne put y envoyer ses officiers sous couverture diplomatique, se heurtant Ă  l'opposition du DĂ©partement d'État amĂ©ricain. Il faudra attendre 1953 pour que le premier officier de la CIA arrive en poste Ă  Moscou. Ce sera Edward Ellis Smith, qui devait normalement traiter Piotr Popov, un officier du GRU recrutĂ© en Autriche. Smith sera compromis par le KGB, en lui jetant dans les bras une sĂ©duisante femme de chambre, et il sera rappelĂ© d'urgence en 1956.

Les États-Unis et l'URSS vont rapidement se lancer dans une nouvelle rivalitĂ© : installer des gouvernements alliĂ©s dans un maximum de pays. C'est lĂ  que la CIA va mener la plupart de ses actions dans les dĂ©cennies suivantes, en renversant ou en aidant Ă  renverser des pouvoirs considĂ©rĂ©s comme hostiles.

  • OpĂ©ration TP/AJAX : soutien au renversement du gouvernement de Mohammad Mossadegh en Iran en 1953 et consolidation du pouvoir du shah Mohammad Reza Pahlavi.
  • OpĂ©ration PB/SUCCESS : dĂ©mission de Jacobo Arbenz GuzmĂĄn au Guatemala face Ă  l'avance de troupes organisĂ©es par les États-Unis. Ce coup sera suivi par la mise en place d'une junte dirigĂ©e par Carlos Castillo Armas le 18 juin 1954. On a souvent citĂ© le fait que Allen Dulles, alors Director of Central Intelligence (DCI), et John Foster Dulles, secrĂ©taire d'État du prĂ©sident Eisenhower, siĂ©geaient au conseil d'administration de la United Fruit Company, dont certaines terres avaient Ă©tĂ© nationalisĂ©es sous Arbenz.
  • En 1960, la CIA tente d'assassiner le premier ministre du Congo Patrice Lumumba, sans succĂšs. Lumumba sera finalement assassinĂ© par ses ennemis katangais, sans que la CIA y ait jouĂ© un rĂŽle.
  • Aide au renversement de Joao Goulart au BrĂ©sil en 1964 par une junte militaire.
  • Dans un premier temps dans les annĂ©es 1957 et 1958 en IndonĂ©sie, la CIA pratique sans succĂšs de dĂ©stabilisation du pouvoir progressiste de Soekarno mais obtient sept ans plus tard son renversement sanglant en octobre 1965.
  • Tentative pour empĂȘcher Salvador Allende d'accĂ©der au pouvoir au Chili en 1970. Une aide de la Centrale aux opposants Ă  Allende se met en place jusqu'Ă  son renversement par un coup d'État militaire conduit par Augusto Pinochet. Sur le modĂšle indonĂ©sien, la CIA fabrique de faux documents visant Ă  "prouver" un complot de militants de gauche pour assassiner des gĂ©nĂ©raux chiliens, et ainsi justifier une riposte.

Elle va en revanche complĂštement Ă©chouer dans ses tentatives de renversement de Castro Ă  Cuba, notamment avec le retentissant Ă©chec du dĂ©barquement de la baie des Cochons le 16 avril 1961, puis plusieurs tentatives d'assassinat du dirigeant cubain (opĂ©ration Mongoose), autorisĂ©s par John F. Kennedy. La CIA soumet Ă©galement au gouvernement « l'opĂ©ration Northwoods », comprenant notamment l'assassinat d’immigrĂ©s cubains aux États-Unis ou la rĂ©alisation d'actions terroristes dans des villes amĂ©ricaines, pour en imputer la responsabilitĂ© Ă  Cuba et en justifier l'invasion. Le projet est toutefois repoussĂ©. À la suite de ces Ă©checs, Allen Dulles, le DD/CIA Charles Cabell et le DDP (ancien D/NCS) Richard Bissell sont contraints, par le prĂ©sident Kennedy, de dĂ©missionner. Celui-ci cherche Ă  reprendre le contrĂŽle de la CIA, devenue un « État dans l'État » en nommant des dirigeants qui lui sont fidĂšles. Kennedy est assassinĂ© Ă  Dallas le 22 novembre 1963, et les partisans de thĂ©orie du complot soupçonnent l'implication d'agents ou ex-agents de la CIA dans ce meurtre selon les thĂ©ories dans l'assassinat de Kennedy.

EnquĂȘtes sur la CIA

Le 23 juin 1972, pour tenter d'Ă©touffer le scandale du Watergate, le prĂ©sident Nixon demande au directeur de la CIA Richard Helms de faire pression sur le FBI pour arrĂȘter l'enquĂȘte, mais Helms refuse. Nixon le dĂ©met de ses fonctions en fĂ©vrier 1973, le remplaçant par un homme venu de l'extĂ©rieur de la CIA, James Schlesinger.

DĂ©cidĂ© Ă  rĂ©duire les budgets et arrivant peu aprĂšs le cessez-le-feu au ViĂȘt Nam, il licencia ou poussa vers la sortie prĂšs de 7 % du personnel de l'agence, principalement du Directorate of Plans, qu'il renomma Directorate of Operations. Les enquĂȘtes liĂ©es Ă  l'affaire du Watergate ayant rĂ©vĂ©lĂ© que les « plombiers » de la Maison-Blanche avaient reçu du matĂ©riel de la CIA lorsqu'ils cambriolĂšrent le psychiatre de Daniel Ellsberg, il ordonna Ă  tous ses employĂ©s de signaler toutes les activitĂ©s dĂ©bordant de l'autoritĂ© de la CIA. Le dossier ainsi compilĂ© faisait prĂšs de 700 pages et fut surnommĂ© les « bijoux de famille ». Les cas signalĂ©s comprenaient la dĂ©tention pendant deux ans d'un transfuge russe Youri Nosenko, des activitĂ©s de surveillance de citoyens amĂ©ricains, le test de drogues sur des personnes Ă  leur insu, les plans d'assassiner des dirigeants et l'utilisation de la mafia dans une tentative d'assassiner Castro.

En mai 1973, Schlesinger fut nommĂ© ministre de la dĂ©fense et William Colby devint DCI. Colby rĂ©visa le systĂšme de production des estimations de renseignement nationales destinĂ©es au gouvernement. Son mandat commença cependant par un grave Ă©chec du renseignement Ă  prĂ©voir la guerre du Kippour et le choc pĂ©trolier de 1973. En dĂ©cembre 1974, le journaliste Seymour Hersh dĂ©voila une partie des family jewels Ă  propos de l'OpĂ©ration CHAOS. L'affaire du Watergate et ces rĂ©vĂ©lations conduiront le CongrĂšs Ă  enquĂȘter sur les activitĂ©s du pouvoir exĂ©cutif, via la commission Church et la commission Pike. Cela n'empĂȘcha pas, d'aprĂšs des documents dĂ©classĂ©s aux Etats-Unis par les archives de la sĂ©curitĂ© nationale en 2006, l'administration Kissinger - Ford d'appuyer secrĂštement en Argentine le renversement en mars 1976 d'Isabel Peron par une junte militaire.

Redynamisation de la CIA

Bien que le prĂ©sident Jimmy Carter ait Ă©tĂ© considĂ©rĂ©, pour certains comme un prĂ©sident des Etats-Unis faible, pour d'autres comme le moins anti-soviĂ©tique d'entre eux, il n'hĂ©sita pas Ă  ordonner des opĂ©rations secrĂštes. DĂšs mars 1977, il approuva des opĂ©rations de propagande secrĂšte contre le bloc de l'Est, la CIA faisant notamment entrer clandestinement des livres anti-communistes en Europe de l'Est et dans certaines parties de l'URSS. Peu aprĂšs, il autorisa une campagne de contre-propagande Ă  propos du dĂ©veloppement de la bombe Ă  neutrons par les SoviĂ©tiques. Stansfield Turner a souvent Ă©tĂ© critiquĂ© pour la rĂ©duction des capacitĂ©s d'action clandestine de la CIA ; toutefois, elles avaient dĂ©jĂ  beaucoup souffert de la fin de la guerre du ViĂȘt Nam, des enquĂȘtes du CongrĂšs sur les opĂ©rations de la CIA, des licenciements de Schlesinger en 1973, et des rĂ©ductions de budget de la CIA.

D'aprĂšs Manuel Contreras, le chef des services de renseignement chilien qui supervisait l'opĂ©ration Condor, la CIA Ă©tait informĂ©e de la base de donnĂ©es utilisĂ©e dans le cadre de l’opĂ©ration, lui a fourni des informations et l'a elle-mĂȘme utilisĂ©e. En 1979, confrontĂ© Ă  la progression du Bloc socialiste, Carter autorisa plusieurs actions secrĂštes, dont une campagne de propagande contre la Grenade (qui fut annulĂ©e en raison de l'opposition du Senate Intelligence Committee), une assistance Ă  la RĂ©publique arabe du YĂ©men en guerre contre la RĂ©publique dĂ©mocratique populaire du YĂ©men, une assistance aux moudjahidines afghans, de la propagande contre les Sandinistes au Nicaragua, et une assistance aux dictatures militaires du Salvador. A l'automne 1980 la Centrale rĂ©ussit Ă  empĂȘcher la rĂ©Ă©lection Ă  la JamaĂŻque du travailliste Michael Manley, admirateur de Fidel Castro.

En 1981, Ronald Reagan devint prĂ©sident et nomma William Casey directeur de la CIA. Celui-ci Ă©tait dĂ©cidĂ© Ă  renforcer l'agence et la communautĂ© du renseignement, aussi bien du cĂŽtĂ© analytique qu'opĂ©rationnel. La CIA recruta plusieurs milliers d'employĂ©s, diversifia ses sources de recrutement. Casey avait parfois des opinions peu partagĂ©es par les analystes de la CIA, par exemple en Ă©tant alarmiste sur la situation au Mexique ou soupçonnant que l'URSS Ă©tait la source de la plupart du terrorisme, mais avait l'honnĂȘtetĂ© de ne pas chercher Ă  influencer les analyses transmises Ă  l'exĂ©cutif. Sous sa direction, il y eut une multiplication des opĂ©rations clandestines, notamment pour soutenir des pays ou factions en conflit avec des entitĂ©s pro-soviĂ©tiques : YĂ©men, Éthiopie, Tchad, Liban, Salvador, Cambodge, etc. Un soutien secret fut apportĂ© au syndicat polonais Solidarnosc, qui fut ainsi financĂ© par plus de 50 millions de dollars de 1982 Ă  1989. Deux de ces opĂ©rations furent particuliĂšrement importantes :

  • le soutien aux guĂ©rillas Contras opposĂ©es aux dirigeants marxistes du Nicaragua, qui connaĂźtra des hauts et des bas, notamment parfois opposĂ© par le CongrĂšs qui refusait que la finalitĂ© de l'opĂ©ration soit le renversement du gouvernement sandiniste. Ces difficultĂ©s motiveront certains membres du conseil de sĂ©curitĂ© nationale Ă  agir hors des services officiels pour contourner le CongrĂšs, aboutissant Ă  l'affaire Iran-Contra. Un ancien officier des Contras tĂ©moignera devant la Cour internationale de justice des exactions perpĂ©trĂ©es par les milices et selon lui encouragĂ©es par l'agence.
  • le « programme afghan » de soutien aux moudjahidines afghans luttant contre l'armĂ©e rouge et le gouvernement communiste afghan lors de la guerre d'Afghanistan (1979-1989). Cette opĂ©ration, qui avait initialement une ampleur modeste, finira par devenir la plus importante Ă  la fin des annĂ©es 1980, oĂč son budget annuel dĂ©passera le demi-milliard de dollars.

Face Ă  la difficultĂ© d'infiltrer des agents dans les rĂ©gimes communistes qui sont gĂ©nĂ©ralement des États policiers et les limites des reconnaissances aĂ©riennes, le renseignement d'origine Ă©lectromagnĂ©tique sera trĂšs utilisĂ© par l'Agence en collaboration avec les autres services nationaux comme la National Security Agency ou Ă©trangers. En outre, deux stations de renseignement Ă©lectronique de la CIA furent construites dans le Xinjiang en rĂ©publique populaire de Chine au dĂ©but des annĂ©es 1980. Elles surveillaient alors les activitĂ©s soviĂ©tiques en collaboration avec les services de renseignements chinois. Le BND allemand participait Ă©galement Ă  sa gestion dans le cadre de l'opĂ©ration Pamir. La CIA arrĂȘte ses opĂ©rations aprĂšs les manifestations de la place Tian'anmen en 1989. En 1983 la crise internationale provoquĂ©e par l'annonce de la destruction d'un Boeing-sud-corĂ©en par la chasse soviĂ©tique avec 269 personnes Ă  son bord, amĂšne l'URSS Ă  accuser la CIA d'avoir provoquĂ© l'intrusion de l'avion de ligne en connexion avec un satellite amĂ©ricain, le Ferret D, afin d'intercepter les communications de dĂ©fense soviĂ©tiques.

Dans les années 1980, la CIA favorise le trafic de drogue en Amérique centrale pour contribuer au financement de paramilitaires anticommunistes, en particulier les Contras au Nicaragua. Parmi les exemples de la difficulté du travail de la CIA, le gouvernement cubain annonce en 1987 que le réseau de l'agence dans son pays est profondément infiltré par ses services et un ancien responsable de la Stasi déclare en 2009 que sur les 23 espions de la CIA en RDA, 22 étaient des agents doubles travaillant pour son service.

Selon l'ordre exécutif 12 03650 émis par le président Jimmy Carter en 1978, seule la CIA était autorisée à accomplir des opérations clandestines mais face à la réalité du terrain, les forces armées furent associés ou entreprennent de telles opérations à nouveau dÚs le début des années 1980 notamment à travers l'unité Seaspray.

L'aprĂšs-guerre froide

MikhaĂŻl Gorbatchev avait dĂ©clarĂ© peu aprĂšs la chute de l'URSS : «J'ai fait la pire chose qui pouvait arriver aux États-Unis : je leur ai enlevĂ© leur meilleur ennemi». Cette remarque s'applique particuliĂšrement Ă  la CIA, dont la structure avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour lutter contre le communisme et l'URSS. À partir de la fin des annĂ©es 1980 et de la direction de Robert Gates, la CIA cherche Ă  s'adapter Ă  la nouvelle situation mondiale. En 1994, la CIA localise le terroriste Carlos Ă  Khartoum au Soudan, et communique ses informations aux services français qui organiseront son enlĂšvement pour le livrer Ă  la justice. En 1995, le chef de poste Ă  Paris, Richard L. Holm, est expulsĂ© par le ministre de l'IntĂ©rieur Charles Pasqua, aprĂšs que ce dernier a rĂ©vĂ©lĂ© une opĂ©ration d'espionnage Ă©conomique menĂ©e par la CIA contre les intĂ©rĂȘts français.

La CIA aurait eu tendance Ă  adopter un comportement bureaucratique et Ă  manquer d'efficacitĂ©. Elle fut ainsi trĂšs critiquĂ©e aux États-Unis pour son absence de prĂ©vision du 11 septembre 2001. Depuis, l'islam fondamentaliste est le nouvel ennemi prioritaire de la CIA dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

En Chine, les rĂ©seaux de la CIA auraient Ă©tĂ© presque entiĂšrement dĂ©mantelĂ©s entre 2010 et 2012 par les services de contre-renseignement chinois. Ainsi, une vingtaine d'agents ont Ă©tĂ© neutralisĂ©s durant cette pĂ©riode, ce qui amĂšne l’administration Obama Ă  s'interroger sur la prĂ©sence de taupes Ă  l'intĂ©rieur du rĂ©seau de la CIA installĂ© en Chine.

Lutte contre le terrorisme

L'Agence est touchée directement ou indirectement par le terrorisme à partir des années 1970. Le chef de poste à AthÚnes, Richard Welch, est abattu le 25 décembre 1975 par l'organisation révolutionnaire du 17-Novembre. Lors de l'attaque contre l'ambassade américaine à Beyrouth du 18 avril 1983, 63 personnes furent tuées, dont 17 Américains et parmi eux 8 officiers de la CIA dont le chef de la division Moyen-Orient, Robert Ames. William Francis Buckley, chef de poste à Beyrouth est enlevé le 16 mars 1984 par le Hezbollah et meurt en captivité en 1985. Un pakistanais, Mir Aimal Kansi, mitraille l'entrée du siÚge de Langley tuant deux personnes et en blessant trois autres le 25 janvier 1993. Deux employés de la CIA sont parmi les victimes des attentats des ambassades américaines en Afrique du 7 août 1998.

La CIA s'Ă©tait intĂ©ressĂ©e assez tĂŽt Ă  Oussama ben Laden, en crĂ©ant en janvier 1996 une « station virtuelle », la Bin Laden Issue Station ou Alec Station, dĂ©diĂ©e Ă  son suivi. Cette station mit notamment au point un plan en 1997 pour enlever ben Laden en Afghanistan par un groupe d'agents afghans portant le nom de code FD/TRODPINT, mais cette opĂ©ration ne fut pas lancĂ©e car ayant peu de chances de succĂšs. En 1997, la CIA Ă©tablit le contact avec Ahmed Chah Massoud, chef du principal groupe opposĂ© aux Talibans, l'Alliance du Nord, en envoyant des Ă©quipes de liaisons appelĂ©es Northern Afghanistan Liaison Team (NALT) et Jawbreaker. À l'automne 2000, un drone RQ-1 Predator de la CIA effectua une quinzaine de vols de reconnaissance pour localiser ben Laden. En deux occasions, les AmĂ©ricains pensĂšrent l'avoir identifiĂ©. Cela donna l'idĂ©e d'armer le drone pour l'utiliser pour pouvoir frapper immĂ©diatement un objectif, mais cette version ne fut pas utilisĂ©e avant les attentats du 11 septembre 2001.

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, la CIA envoya des Ă©quipes pour Ă©tablir le contact avec les chefs de guerre afghans opposĂ©s aux Talibans. Ces Ă©quipes Ă©taient gĂ©nĂ©ralement dirigĂ©es par un officier traitant expĂ©rimentĂ©, secondĂ© par un officier paramilitaire, le reste de l'Ă©quipe Ă©tant formĂ© d'un mĂ©lange de spĂ©cialistes du renseignement, des opĂ©rations, des communications, et de traducteurs. La premiĂšre Ă©quipe, nom de code Jawbreaker, dirigĂ©e par Gary Schroen, arrivĂ©e dans la vallĂ©e du Pandjchir le 26 septembre, fut la premiĂšre force amĂ©ricaine dĂ©ployĂ©e en Afghanistan. Elle arriva avec plusieurs millions de dollars en liquide pour « acheter » la loyautĂ© des chefs de guerre et leur permettre de s'Ă©quiper. Les Ă©quipes assurĂšrent la liaison entre forces afghanes et amĂ©ricaines, Ă©valuĂšrent les zones de combat et les forces en prĂ©sence, et les repĂ©rĂšrent Ă  l'aide de GPS. Ils lancĂšrent des opĂ©rations de collecte de renseignement humain, unilatĂ©rales ou en coopĂ©ration avec le service de renseignement de l'Alliance du Nord, certaines permettant de dĂ©signer des objectifs Ă  des frappes aĂ©riennes. Jawbreaker contacta certains chefs Talibans pour tenter d'obtenir des ralliements et la libĂ©ration de huit humanitaires de Shelter Now International prisonniers des Talibans. Les Ă©quipes de la CIA n'Ă©taient pas Ă©quipĂ©es de radios permettant de communiquer avec l'aviation ni de dĂ©signateurs lasers, en consĂ©quence le guidage de l'appui aĂ©rien rapprochĂ© Ă©chut aux forces spĂ©ciales.

Au cours du retrait de l'armĂ©e talibane en novembre 2001, les Ă©quipes de la CIA fouillĂšrent les camps d'Al-QaĂŻda et interrogĂšrent les prisonniers faits par l'Alliance du Nord. Johnny Micheal « Mike » Spann, un agent de l'Ă©quipe envoyĂ©e auprĂšs de Abdul Rachid Dostom, fut tuĂ© lorsque les prisonniers qu'il interrogeait se mutinĂšrent Ă  la prison de Qala-e-Jangi le 25 novembre 2001. DĂ©but dĂ©cembre 2001, une Ă©quipe de la CIA fit prisonniers les « numĂ©ros » 2 et 3 des services de renseignement des Talibans Ă  Ghazni. Le 7 dĂ©cembre 2001, la ville de Kandahar tomba, marquant la fin de gouvernement des Talibans. À ce moment, les États-Unis n'avaient engagĂ© au sol que quelques centaines de soldats, et environ 110 agents de la CIA. Jawbreaker chercha la localisation de ben Laden, et lorsqu'elle eut plusieurs renseignements le situant vers Jalalabad, elle envoya une Ă©quipe dans la rĂ©gion, dĂ©marrant la bataille de Tora Bora. La CIA contribua Ă©galement Ă  l'opĂ©ration Anaconda en Afghanistan par l'acquisition de renseignement et en entraĂźnant avec les Special Forces les forces militaires afghanes.

Onze agents de la CIA sont officiellement morts durant la guerre d'Afghanistan entre 2001 et 2009 dont sept le 30 décembre 2009 lors de l'attentat-suicide de la base de Chapman.

La CIA a également en Irak opéré peu avant le début du conflit en 2003, créant le réseau DBROCKSTARS.

Le 11 juillet 2009, lors d'audiences devant des comitĂ©s du CongrĂšs des États-Unis, Leon Panetta, directeur en poste de la CIA, a accusĂ© Dick Cheney d'avoir ordonnĂ© directement aux responsables de la CIA de cacher au CongrĂšs des informations sur un programme antiterroriste pendant huit ans.

Le 2 mai 2011 vers 4 heures du matin (heure française), Oussama Ben Laden est tué dans la ville d'Abbottabad au Pakistan, par un groupe de SEAL sous l'autorité et le commandement direct de la CIA. Le raid américain aurait été suivi en direct au siÚge de la CIA par le directeur Leon Panetta et quelques-uns de ses hauts responsables.

En juillet 2010, on fait état de 22 employés de la CIA dont 8 contractuels privés tués dans la guerre contre le terrorisme.

Centres de détention clandestins

Le journal The Washington Post révÚle l'existence d'un réseau mondial de centres de détention clandestins (black sites) géré par la CIA66. Le quotidien précise que de telles prisons se trouveraient entre autres en Afghanistan et dans des pays d'Europe de l'Est ; ces centres de détention ont été situés à l'étranger en raison de leur caractÚre illégal, les détenus étant des « détenus fantÎmes » victimes de disparition forcée.

La CIA a été responsable de centres de détention dans plusieurs pays européens, en Roumanie, au Kosovo, en Macédoine, en Bulgarie et en Ukraine, dont l'existence a été confirmée par le rapporteur du Conseil de l'Europe Dick Marty.

Le président George W. Bush a reconnu le 6 septembre 2006 pour la premiÚre fois l'existence de prisons secrÚtes de la CIA hors du territoire américain, dans lequel il reconnaßt implicitement l'usage de la torture :

The most important source of information on where the terrorists are hiding and what they are planning is the terrorists themselves.
« La source d'information la plus importante sur les endroits oĂč les terroristes se cachent et sur ce qu'ils prĂ©parent sont les terroristes eux-mĂȘmes. »

En février 2007, le no 3 de la CIA, Kyle Foggo, est inculpé de corruption : il avait notamment favorisé des entreprises amies, appartenant à Brent R. Wilkes et à Mitchell Wade, dans la construction des centres clandestins de détention. Il écopera de trois ans de prison.

Le prĂ©sident Barack Obama, arrivĂ© au pouvoir en janvier 2009, a annoncĂ© la fermeture du centre de dĂ©tention de Guantanamo d'ici un an, et que les États-Unis respecteront dĂ©sormais la convention de GenĂšve dans leur lutte contre le terrorisme. En avril 2009, le nouveau directeur de la CIA Leon Panetta a rompu les contrats avec les psychologues de la CIA Mitchell, Jensen et associĂ©s, qui avaient adaptĂ© des techniques du SERE aux interrogatoires musclĂ©s de la CIA, utilisant en particulier le waterboarding, considĂ©rĂ© comme technique de torture par Panetta et Eric Holder, ministre de la Justice de l'administration Obama.

Préoccupations majeures en 2009

Avec l'arrivée de l'administration Obama, Michael Hayden, directeur sortant, a écrit une liste de préoccupations par ordre d'importance pour la CIA en 2009 :

  • Al-QaĂŻda et ses franchises restent le danger numĂ©ro un pour les États-Unis.
  • La lutte contre les narcotrafiquants au Mexique.
  • Le programme d'armes de destruction massive en Iran.
  • Les approches de plus en plus divergentes entre l'Europe et les États-Unis concernant la « guerre contre le terrorisme ».
  • L'instabilitĂ© provoquĂ©e par le faible prix du pĂ©trole sur des États producteurs comme le Venezuela et l'Iran.
  • La situation au Pakistan, qualifiĂ© de « pays ami », qui est confrontĂ© Ă  des difficultĂ©s internes trĂšs importantes.
  • L'Afghanistan et la traque de Ben Laden (effectuĂ©).
  • La CorĂ©e du Nord et son arsenal nuclĂ©aire.
  • La RĂ©publique populaire de Chine et sa rĂ©action face Ă  la crise Ă©conomique de 2008-2009.
  • Le Proche-Orient qui reste une zone de tension extrĂȘmement importante.

Opérations de renseignement

  • OpĂ©ration PBJointly ou opĂ©ration Gold : un tunnel creusĂ© Ă  partir de Berlin-Ouest pour mettre sur Ă©coute des cĂąbles souterrains de communications militaires soviĂ©tiques sous Berlin-Est ;
  • Projet Aquatone : programme de l'avion Lockheed U-2 ;
  • Projet Coldfeet : fouille d'une base arctique soviĂ©tique abandonnĂ©e en 1962 ;
  • _Projet Corona : premiers satellites espions de la sĂ©rie Corona ;
  • Projet Oxcart : programme de l'avion Lockheed A-12.

Actions politiques

La CIA a influencĂ© parfois de façon dĂ©cisive l'histoire politique des États dans lesquels elle est intervenue au nom des intĂ©rĂȘts des États-Unis. Elle a crĂ©Ă© ou soutenu plusieurs mouvements insurrectionnels, qu'ils soient armĂ©s ou non (particuliĂšrement en AmĂ©rique latine, dans le monde arabe ou en Asie).

Parmi les opérations connues :

  • Le soutien aux partisans du chah d'Iran pour le renversement du premier ministre Mohammad Mossadegh, en Iran en 1953 via l'opĂ©ration Ajax.
  • _En 1954, au Guatemala, renversement du prĂ©sident Jacobo Arbenz via l'opĂ©ration PBSuccess - bien que les rebelles organisĂ©s par les États-Unis soient indigents, le pouvoir craint une intervention militaire directe et le prĂ©sident prĂ©fĂšre dĂ©missionner, ce qui dĂ©bouche sur la mise en place du dictateur Carlos Castillo Armas.
  • L'opĂ©ration Mongoose en 1961-1962 (autres projets pour renverser Fidel Castro).
  • Au Laos, de 1962 Ă  1975, organisation d'une armĂ©e laotienne, connue sous le nom « d'ArmĂ©e secrĂšte ».
  • Programme Phoenix durant la guerre du ViĂȘt Nam.
  • Le coup d'État du marĂ©chal Lon Nol au Cambodge le 18 mars 1970 pour renverser le roi Norodom Sihanouk pourrait avoir Ă©tĂ© appuyĂ© par des agents de la CIA. (Implication non prouvĂ©e).
  • Souvent allĂ©guĂ© Ă  la CIA, le soutien au coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili renversant Salvador Allende est rĂ©futĂ© par la commission parlementaire Chruch qui conclut Ă  l'absence d'implication directe. En revanche, il existait des plans contre Allende en 1970 qui Ă©chouent dans leurs premiers stades.
  • _La lutte contre l'Union soviĂ©tique en Afghanistan dans les annĂ©es 1980, alliĂ©e Ă  l'Inter-Services Intelligence (services secrets pakistanais) et aux services saoudiens, formant des moudjahidins.
  • ArrĂȘt du programme de recherche clandestin d'armement nuclĂ©aire de TaĂŻwan en dĂ©cembre 1987.
  • En 1989, la CIA, en coordination avec la DGSE et le Secret Intelligence Service, rĂ©ussit Ă  exfiltrer plusieurs centaines de dissidents politiques chinois visĂ©s par la rĂ©pression aprĂšs les manifestations de la place Tian'anmen (opĂ©ration Yellow Bird ordonnĂ©e par George H. W. Bush).
  • Depuis les annĂ©es 1990, elle est soupçonnĂ©e de pratiquer l'extraordinary rendition, pratique consistant Ă  enlever une personne et Ă  l'envoyer en secret dans un pays oĂč la torture est pratiquĂ©e pour qu'elle y soit interrogĂ©e. L'Italie a pour la premiĂšre fois engagĂ© des poursuites en justice contre ces actions en 200578, Ă  la suite de l'enlĂšvement d'un Égyptien Ă  Milan.

Actions culturelles

  • Radio Free Europe et Radio Free Asia, des radios Ă  destination du bloc communiste, furent en partie financĂ©es par la CIA jusqu'en 1971.
  • Le CongrĂšs pour la libertĂ© de la culture fut un organe culturel financĂ© secrĂštement par la CIA basĂ© Ă  Paris. La CIA a exercĂ© dans les annĂ©es 1950 et 1960 en Europe une influence culturelle occulte par l'intermĂ©diaire de ce CongrĂšs. Elle a financĂ© et soutenu secrĂštement des revues culturelles comme Preuves en France, Monat en Allemagne oĂč Ă©crivait Heinrich Böll, Encounter au Royaume-Uni et des personnalitĂ©s comme Heinrich Böll, Raymond Aron, ou l'Ă©crivain italien Ignazio Silone, et soutenu l'art abstrait et informel. Des personnalitĂ©s comme Alberto Moravia et Pablo Neruda furent visĂ©s par des campagnes de calomnie orchestrĂ©es par la CIA par l'intermĂ©diaire d'intellectuels comme RenĂ© Tavernier. La CIA a cherchĂ© Ă  rĂ©duire l'influence du marxisme parmi les intellectuels et les journalistes europĂ©ens. Le scandale Ă©clate en 1967 : le financement de la CIA devient public bien que la grande presse soit discrĂšte sur le sujet. La revue Monat est ensuite vendue au journal Die Zeit.
  • La CIA a soutenu l'expressionnisme abstrait.

Directeurs

Le directeur (Director of Central Intelligence, DCI) dirige la CIA et toute la communauté du renseignement.

  • 23 janvier 1946-10 juin 1946 : Sidney W. Souers ;
  • 10 juin 1946-1er mai 1947 : Hoyt S. Vandenberg ;
  • 1er mai 1947-7 octobre, 1950 : Roscoe Henry Hillenkoetter ;
  • 7 octobre 1950 - 9 fĂ©vrier 1953 : Walter B. Smith ;
  • 26 fĂ©vrier 1953 - 29 novembre 1961 : Allen Dulles ;
  • 29 novembre 1961 - 28 avril 1965 : John McCone ;
  • 28 avril 1965 - 30 juin 1966 : William F. Raborn ;
  • 30 juin 1966 - 2 fĂ©vrier 1973 : Richard Helms ;
  • 2 fĂ©vrier 1973 - 2 juillet 1973 : James Schlesinger (par intĂ©rim) ;
  • 4 septembre 1973 - 30 janvier 1976 : William Colby ;
  • 30 janvier 1976 - 20 janvier 1977 : George H. W. Bush ;
  • 9 mars 1977 - 20 janvier 1981 : Stansfield Turner ;
  • 28 janvier 1981 - 29 janvier 1987 : William Casey ;
  • 26 mai 1987 - 31 aoĂ»t 1991 : William H. Webster ;
  • 2 septembre 1991 - 11 novembre 1991 : Richard Kerr (par intĂ©rim) ;
  • 12 novembre 1991 - 1er janvier 1993 : Robert Gates ;
  • 2 fĂ©vrier 1993 - 10 janvier 1995 : James Woolsey ;
  • 10 mai 1995 - 15 dĂ©cembre 1996 : John M. Deutch ;
  • 11 juillet 1997 - 11 juillet 2004 (a dĂ©missionnĂ© le 3 juin 2004) : George Tenet ;
  • 11 juillet 2004 - 10 aoĂ»t 2004 : John E. McLaughlin (par intĂ©rim) ;
  • 24 septembre 2004 - 21 avril 2005 : Porter Goss.

À partir d'avril 2005, conformĂ©ment Ă  l'Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act de 2004, le poste de directeur est remplacĂ© par ceux de directeur de la CIA (Director of the Central Intelligence Agency) et de directeur du renseignement national (Director of National Intelligence, DNI, directeur de la communautĂ© du renseignement).

  • 21 avril 2005 - 26 mai 2006 : Porter Goss ;
  • 30 mai 2006 - 12 fĂ©vrier 2009 : gĂ©nĂ©ral Michael Hayden ;
  • 13 fĂ©vrier 2009 - 1er juillet 2011 : Leon Panetta ;
  • 1er juillet 2011 - 6 septembre 2011 : Michael Morrell (par intĂ©rim) ;
  • 6 septembre 2011 - 9 novembre 2012 : gĂ©nĂ©ral David Petraeus ;
  • 9 novembre 2012 - 8 mars 2013 : Michael Morrell (par intĂ©rim) ;
  • 8 mars 2013 - 20 janvier 2017 : John O. Brennan ;
  • 20 janvier 2017 - 23 janvier 2017 : Meroe Park (par intĂ©rim) ;
  • 23 janvier 2017 - 26 avril 2018 : Mike Pompeo.
  • depuis le 26 avril 2018 : Gina Haspel.

Directeurs adjoints

Le directeur adjoint (Deputy Director of Central Intelligence, DDCI) est le sous-directeur de la CIA. Le premier, Kingman Douglass, avait Ă©tĂ© nommĂ© par le directeur. En avril 1953, le CongrĂšs a amendĂ© le National Security Act pour permettre au prĂ©sident des États-Unis de nommer lui-mĂȘme le directeur adjoint. L'amendement stipule que le directeur et le directeur adjoint ne peuvent ĂȘtre simultanĂ©ment des officiers militaires. Avec l'adoption de l'Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act en 2004, cette fonction est supprimĂ©e.

  • mars 1946 - juillet 1946 : Kingman Douglass ;
  • janvier 1947 - mars 1949 : Edwin Kennedy Wright ;
  • octobre 1950 - aoĂ»t 1951 : William Harding Jackson ;
  • aoĂ»t 1951 - fĂ©vrier 1953 : Allen Dulles ;
  • 23 avril 1953 - 31 janvier 1962 : Lieutenant-gĂ©nĂ©ral Charles Pearre Cabell (Force aĂ©rienne des États-Unis) ;
  • avril 1962 - avril 1965 : Marshall S. Carter ;
  • avril 1965 - juin 1966 : Richard Helms ;
  • octobre 1966 - fĂ©vrier 1969 : Rufus Lackland Taylor ;
  • mai 1969 - dĂ©cembre 1971 : Robert Everton Cushman, Jr. ;
  • mai 1972 - juillet 1976 : Vernon Walters ;
  • juillet 1976 - aoĂ»t 1977 : Enno Henry Knoche ;
  • fĂ©vrier 1978 - fĂ©vrier 1981 : Frank C. Carlucci III ;
  • fĂ©vrier 1981 - juin 1982 : Bobby Ray Inman ;
  • juin 1982 - mars 1986 : John N. McMahon ;
  • avril 1986 - mars 1989 : Robert Gates ;
  • mars 1989 - mars 1992 : Richard Kerr ;
  • avril 1992 - juillet 1995 : William O. Studeman ;
  • juillet 1995 - juillet 1997 : George Tenet ;
  • octobre 1997 - juin 2000 : John Alexander Gordon ;
  • octobre 2000 - novembre 2004 : John E. McLaughlin.

Le directeur adjoint de la CIA (Deputy Director of the Central Intelligence Agency, DD/CIA) remplace le directeur adjoint de l'agence et a pour mission d'assister le directeur et de le remplacer en cas d'indisponibilité ou par intérim.

  • 15 juillet 2005 - 23 juillet 2006 : vice-amiral Albert M. Calland III ;
  • 24 juillet 2006 - mai 2010 : Stephen Kappes ;
  • 7 mai 2010 - 9 aoĂ»t 2013 : Michael Morrell81 ;
  • 9 aoĂ»t 2013 - 10 janvier 2015 : Avril Haines ;
  • 9 fĂ©vrier 2015 - 7 fĂ©vrier 2017 : David S. Cohen.
  • 7 fĂ©vrier 2017 - 17 mai 2018 : Gina Haspel.

CIA World Factbook
Le CIA World Factbook est une source documentaire sur les pays du monde éditée par la CIA, libre de droits.