Nom de naissance Marie Ségolène Royal
Date de naissance 22 septembre 1953 (65 ans)
Lieu de naissance Ouakam, Sénégal (Afrique-Occidentale française)
Nationalité Française
Parti politique PS (1978-2017) SE (depuis 2017)
Conjoint François Hollande (1978-2007)
Diplômée de Université Nancy-II IEP de Paris ENA
Profession Juge administrative Avocate

Commandeur de l'ordre du Mérite maritime ex officio, en tant que ministre chargé des affaires maritimes

Ségolène Royal, née Marie Ségolène Royal le 22 septembre 1953 à Ouakam (Sénégal), est une haute fonctionnaire et femme politique française.

Marie Ségolène Royal est la fille de Jacques Antoine Royal (1920-1981), lieutenant-colonel d'artillerie de marine, et la petite-fille du général de brigade Florian Auguste Émile Royal et de Marie-Thérèse Carage. À la fin des années 1940, il épouse Hélène Dehaye (1916-2019) et le couple a huit enfants en neuf ans : Odette, Nicole, Gérard, Ségolène, Antoine, Paul, Henry et Sigisbert.

Un cousin, Benoît Royal, est général dans la deuxième section. Il est l'auteur du livre l'Éthique du soldat français paru en 2008.

Une cousine, Anne-Christine Royal, a été membre du comité central du Front national.

De 1960 à 1963, la famille habite en Martinique, en raison d'une nouvelle affectation de son père. Marie-Ségolène Royal est alors élève du pensionnat Saint-Joseph de Cluny, à Fort-de-France.

À son retour en métropole, en 1963, la famille Royal s'installe dans le village de Chamagne, près d'Épinal (Vosges), dont elle est originaire. Hélène Dehaye, ne supportant plus l'autorité de son mari sur elle et ses enfants, quitte le domicile familial, avec l'assentiment de ses enfants, qui rompent tout contact avec leur père. Sa mère effectue dès lors des ménages, avant de recevoir un héritage de ses parents.

Après avoir effectué son premier cycle secondaire à Charmes (Vosges) et à Nancy (Cours Notre-Dame), Marie-Ségolène Royal, réputée élève studieuse, entre au lycée privé Notre-Dame d'Épinal, où elle obtient un baccalauréat B en 1971. Pendant l'été 1971, elle est jeune fille au pair à Dublin (Irlande).

Elle fait des études supérieures à l'université Nancy-II. Elle obtient une licence de sciences économiques, puis, après avoir été élève au Centre universitaire d'études politiques (CUEP), elle entre à l'Institut d'études politiques de Paris, dont elle sort diplômée en 1975 (section Service public). Elle aurait, en 1972, assigné son père en justice parce qu'il refusait de verser une pension alimentaire à son épouse et de financer les études de ses enfants. Elle aurait obtenu gain de cause au bout de plusieurs années. Ségolène Royal dément cette information en 2011.

Après une première tentative infructueuse, elle intègre l'École nationale d'administration. Pendant sa scolarité, elle fait un stage en Martinique. Elle en sort, en 1980, 64e de sa promotion, où se trouvent notamment François Hollande, Dominique de Villepin, Renaud Donnedieu de Vabres, Henri de Castries, Michel Sapin, Frédérique Bredin, Jean-Marie Cambacérès, Pierre Mongin.

À sa sortie de l’ENA, elle choisit un poste de juge au tribunal administratif de Paris.

En 1994, bénéficiant du décret no 91-1197 du 27 novembre 1991, qui autorise une dispense de diplôme, de formation théorique et pratique et du CAPA les membres et anciens membres du corps des tribunaux administratifs, elle devient avocate au barreau de Paris — tout en siégeant à l'Assemblée nationale et au conseil général des Deux-Sèvres. Elle entre ensuite au cabinet Mignard, Teitgen, Grisoni & associés.

En 1978, elle rencontre François Hollande à l'ENA. Vivant en concubinage, ils ont quatre enfants : Thomas (né le 16 novembre 1984), avocat, qui s'est occupé du site Segosphere.net et de la campagne sur le web de sa mère en 2007 puis de son père en 2012, Élise Clémence (née le 28 juin 1986), Julien (né le 22 décembre 1987) et Flora (née le 1er juillet 1992).

En 1978, elle adhère au Parti socialiste, à la section du 6e arrondissement de Paris, l'année de son diplôme de Sciences Po.

D'abord appelée au cabinet ministériel de Nicole Questiaux, elle est remarquée par Jacques Attali alors qu'elle est conseillère de tribunal administratif en disponibilité. De 1982 à 1984, sur proposition de Jacques Attali, elle est chargée de mission au secrétariat général de la présidence de la République pour suivre les questions de jeunesse et des sports. De 1984 à 1988, François Mitterrand lui confie les affaires sociales et l'environnement en remplacement de Yannick Moreau, partie diriger le cabinet de Jean-Pierre Chevènement, nouveau ministre de l'Éducation nationale. C'est à ce poste qu'elle travaille pour l'Élysée à la préparation des sommets internationaux.

En 1989, Ségolène Royal entame un mouvement contre la violence à la télévision française dont l'archétype serait l’animation japonaise, qu’elle qualifie de « nulle, médiocre et laide ». À ce sujet, elle publie l’ouvrage Le Ras-le-bol des bébés zappeurs. Ségolène Royal conserve en 2007 la même opinion sur la production japonaise.

Membre du Parti socialiste, conseillère du président François Mitterrand dans les années 1980, elle est ensuite députée pour les Deux-Sèvres et ministre des gouvernements Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin. Elle préside le conseil régional de Poitou-Charentes de 2004 à 2014.

En 2007, Ségolène Royal est la première femme française à accéder au second tour d'une élection présidentielle, mais elle est battue par Nicolas Sarkozy, récoltant 46,9 % des suffrages exprimés.

Alors que Ségolène Royal avait évoqué en 2006 un possible mariage avec François Hollande, le couple se sépare le 17 juin 2007, au soir du second tour des élections législatives de 2007.

Par la suite, elle est défaite par Martine Aubry lors de l'élection au poste de premier secrétaire du Parti socialiste en 2008, puis à nouveau battue à la primaire socialiste de 2011 et aux élections législatives de 2012 dans la première circonscription de la Charente-Maritime.

Elle favorise le développement des « comités de bassins d'emploi », ainsi que l'accompagnement par le contrat régional de sécurisation des parcours professionnels (CRSPP) des salariés licenciés. Face à l'augmentation forte de certaines dépenses, elle procède fin 2012 à une augmentation de la taxe sur les cartes grises des véhicules.

Alors que le carrossier Heuliez rencontre des difficultés, Ségolène Royal promet pendant la campagne régionale de 2010 de redresser l'entreprise et de constituer une filière de la voiture électrique en Poitou-Charentes. Cette dernière société, Mia, voit entrer dans son capital la région Poitou-Charentes, fait inédit pour une collectivité locale. Mais le marché de la voiture électrique est moribond. Juste avant l'annonce de la liquidation judiciaire de Mia, prononcée en mars 2014, Ségolène Royal crée une société d'économie mixte pour sauver les derniers actifs de Mia et y injecte un million d'euros, en pure perte. Avec le soutien accordé à Eco&Mobilité (un autre fabricant de véhicules électriques de la région), Ségolène Royal a fait dépenser quelque 20 millions d'euros dans la filière de la voiture électrique qu'elle entendait bâtir. Cet échec s'ajoute alors à ses déclarations controversées sur General Electric, Alstom et l'écotaxe.

Pour la période 2009-2012, elle lance, avec la Banque européenne d'investissement, le « Plan énergie solaire », de plus de 400 millions d’euros d’investissements. Les principales priorités de ce plan sont le développement de la production d’énergie renouvelable avec l’installation de 650 000 m2 de panneaux photovoltaïques, le renforcement de l’autonomie énergétique des territoires, la création de 1 000 emplois sur l’ensemble du territoire régional et la réduction des gaz à effet de serre. En 2009, Ségolène Royal inaugure le lycée Kyoto, qui est le premier établissement scolaire d'Europe à fonctionner exclusivement avec des énergies renouvelables, et non avec des énergies fossiles.

En 2009, elle annonce la création d'un « passe-contraception » pour lutter contre les grossesses précoces : ce dispositif permet aux jeunes filles de consulter un généraliste, de faire des analyses et d'obtenir un moyen de contraception de façon gratuite.

Début 2009, ses partisans créent, au sein du PS, le courant L'Espoir à gauche, tandis que son association de soutien Désirs d'avenir reste en fonctionnement et finance certains de ses déplacements dans le pays. Parallèlement, Pierre Bergé crée l'Association des amis de Ségolène Royal pour lui permettre d'occuper pour une somme symbolique des locaux au cœur du 6e arrondissement de Paris.

Dans l'opposition à Nicolas Sarkozy, elle signe l'« Appel du 14 février [2008] pour une vigilance républicaine » lancé par l'hebdomadaire Marianne. En avril 2009, en déplacement au Sénégal, elle demande « pardon » pour certaines paroles du discours de Dakar, prononcé par Nicolas Sarkozy en 2007. Une semaine plus tard, elle présente à nouveau ses excuses pour des propos désobligeants sur José Luis Rodríguez Zapatero attribués à Nicolas Sarkozy par Libération. L'UMP critique ses déclarations, tandis que peu de personnalités au PS lui apportent leur soutien. En juin 2009, elle est nommée par Martine Aubry vice-présidente de l'Internationale socialiste.

Le 29 novembre 2010, Ségolène Royal annonce sa candidature à la primaire citoyenne de 2011 en vue de la désignation du candidat PS à l'élection présidentielle de 2012. Dans les mois qui suivent, les intentions de vote en sa faveur restent inférieures à celles de la plupart de ses concurrents potentiels (Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, François Hollande). Les médias estiment que son aura ne cesse de décroître depuis 2007 et que ses prises de position ne rencontrant plus guère d'écho. Prenant en exemple la composition de ses listes aux élections régionales de 2010 en Poitou-Charentes, elle appelle à un large rassemblement allant de l'extrême gauche à la « la droite gaulliste ».

Créditée de 11 à 13 % des voix dans les sondages et régulièrement annoncée en troisième position de cette primaire, Ségolène Royal n'arrive finalement que quatrième, le 9 octobre 2011, derrière Arnaud Montebourg, Martine Aubry et François Hollande. Avec 6,95 % des voix, elle est ainsi éliminée au premier tour. Dans l'entre-deux tours, elle approte son soutien à François Hollande, afin d'« amplifier le résultat du premier tour ».

Après la primaire, Ségolène Royal fait campagne pour François Hollande. Son premier déplacement de campagne se tient dans les « quartiers populaires » de Marseille, où elle a réalisé de bons scores en 2007. Elle participe ensuite à un meeting à Rennes aux côtés de son ancien compagnon. Elle définit ainsi son rôle : « parler simple et faire de la pédagogie » et aider à « la participation à la campagne et le vote à gauche d'une partie de l'électorat tenté par le FN ». En novembre 2011, elle est nommée secrétaire nationale du Parti socialiste chargée des mobilisations citoyennes, une fonction qu'elle occupe jusqu'en novembre 2012.

Le 21 février 2013, elle est nommée, par François Hollande, administratrice de la Banque publique d'investissement (BPI), fonction qu'elle exerce bénévolement. Elle devient vice-présidente et porte-parole de la BPI. Sa nomination au sein de cet organisme de financement suscite notamment les critiques de l'opposition, qui dénonce un manque de légitimité, en particulier au vu de ses investissements dans le groupe Heuliez.

Le 25 mai 2013, Ségolène Royal affirme que si elle avait été présidente de la République, elle n'aurait pas fait voter le mariage homosexuel en France. Elle rappelle que le mariage homosexuel n'était pas dans son programme présidentiel de 2007 et exprime sa préférence pour une union civile.

Dans les gouvernements Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, entre 2014 et 2017, elle exerce la fonction de ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer.

Le 2 avril 2014, elle est nommée ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie. Elle annonce son objectif de faire voter la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (votée l'été 2015) visant notamment à réduire la part du nucléaire dans la production énergétique à 50 % en 2025 (conformément à un des engagements de François Hollande).

En 2015, elle s'excuse après avoir appelé au boycott de la pâte à tartiner Nutella, fabriquée par Ferrero, qu'elle accuse de contribuer fortement à la déforestation en Asie par un recours massif à l'huile de palme. L'année suivante, en 2016, elle essaie de faire aligner la fiscalité de l'huile de palme sur celle de l'huile d'olive. Cette initiative suscite deux crises diplomatiques, le gouvernement italien menaçant de fermer l'usine Ferrero de Rouen et le gouvernement indonésien (premier producteur mondial) annonçant qu'un Français emprisonné dans le pays serait exécuté si la fiscalité sur l'huile palme augmentait. La ministre dénonce alors un « chantage » et un « bluff odieux », mais doit finalement s'incliner. Dans son livre Ce que je peux enfin vous dire (2018), elle mentionne à travers cet épisode le poids des groupes d'intérêt dans le pouvoir politique. Elle affirme avoir cependant réussi à dissuader le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de renouveler l'autorisation de mise sur le marché du glyphosate et souligne l'influence des lobbys de pesticides au sein des institutions européennes.

Lors du remaniement du 11 février 2016, François Hollande lui propose dans un premier temps le portefeuille de ministre des Affaires étrangères, mais il confie finalement cette fonction à l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le ministère de Ségolène Royal est alors rebaptisé « ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer » et est élargi aux Relations internationales sur le climat. Elle préside dès lors la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21), Laurent Fabius ayant quitté le gouvernement pour prendre la présidence du Conseil constitutionnel.

Elle est ensuite nommée par Emmanuel Macron ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique.

En juin 2017, Ségolène Royal accepte de succéder à Michel Rocard (mort en juillet 2016) au poste d'ambassadrice chargée des négociations internationales relatives aux pôles arctique et antarctique. Elle prend ses fonctions le 1er septembre 2017. Elle siège également au conseil de l'Arctique et doit gérer les nouveaux enjeux qui confrontent les pôles.

Alors que le Parti socialiste — dont elle n’est plus membre — atteint des scores historiquement bas, elle apparaît fin 2018 comme un recours possible pour la gauche en vue des élections européennes de 2019 et de l’élection présidentielle de 2022. Dans le même temps, dans son ouvrage Ce que je peux enfin vous dire, Ségolène Royal critique Emmanuel Macron et François Hollande, à qui elle reproche notamment ses hausses d’impôts, la loi travail et la réforme territoriale. En décembre 2018, sa proposition de s'associer à la liste d'Europe Écologie Les Verts pour les élections européennes de 2019 est rejetée par Yannick Jadot ; les médias soulignent alors ses divergences avec les écologistes sur la question de la taxe sur les carburants dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes. Elle renonce finalement à se présenter au scrutin.

Ségolène Royal a plusieurs fois exprimé sa volonté d'appliquer une politique économique keynésienne et a plusieurs fois critiqué la «logique boursière». Elle déclare adhérer à certaines idées de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair (réinvestissement dans les services publics, lutte contre le chômage des jeunes et prise en charge des jeunes diplômés), ce qui lui vaut l'étiquette de «blairiste».