J'ai envie que quelqu'un lise ces lignes, que quelqu'un le sache, et cela fait bien longtemps que mes amis n'ont d'amis que la dénomination, pas les actions. Ils sont pour toujours en haute estime par moi tenus, mais je ne leur parle plus vraiment, cela fait un an et quelques que j'ai coupé les ponts avec tout le monde ou presque. Un an et quelques que j'ai cessé, cessé de vivre pour simplement survivre.
Ces derniers jours, j'ai redécouvert une musique, une vieille, adorée et nostalgique musique. Je l'ai découverte en 4ème, ou en 3ème, et je l'avais oubliée, rangée, archivée. Elle était, et est depuis, associée à un livre, À La Croisée Des Mondes, lequel est lui-même nostalgique. Je ne sais pas comment exprimer cela, ni pourquoi j'en parle, mais j'ai ce besoin de laisser quelque chose. Ce livre est triste, et à l'époque déjà, je l'avais lu en écoutant cette musique. Les deux me rendaient triste, déprimé, de par leurs paroles et histoire. J'avais contextualisé la musique et je m'étais reconnu dans certaines des paroles, et cela m'avait touché à l'époque. Cette musique était un peu, pour moi, la relation qu'il y avait entre cette fille et moi. Le livre était similaire, avec cette histoire entre les deux adolescents protagonistes, qui s'aimaient mais que le malheur de la vie avait éloigné de manière définitive. Là encore, je me voyait dans cette position, et cet ensemble était synonyme de tragique tragédie pour moi. Depuis quelques jours donc, je réécoute la musique, revue par hasard sur YouTube, et je me sens déprimé au possible. Déprimé ou plus dépressif, je ne sais pas. Mais j'ai envie d'en finir. Si tu savais comme mon coeur saigne, comme mon âme crie, comme ensemble ils pleurent à m'en déchirer gorge et poitrine, comme ils font de chaque seconde une blessure de plus à mon être... Je suis fatigué, fatigué de tout et fatigué de tous, et je n'ai qu'une envie, celle de dormir, d'un sommeil qui ferait que mon monde cesse de me faire pleurer, cesse, tout simplement. Chaque fibre, chaque molécule, chaque atome de mon corps me crie, aujourd'hui encore, alors qu'elle est loin et m'a oublié, qu'elle est celle que l'on appelle son "âme soeur"

Mais je ne peux rien y faire, il est hors de question que je l'embête, et je sais que personne au monde ne pourra jamais prendre ne serait-ce qu'un dixième en mon coeur qu'elle ne l'a fait, et qu'elle occupe toujours. Si encore l'on ne m'avait laissé de chance, alors peut-être aurais-je été bien moins malheureux. Ces chances, c'est moi et moi seul qui les ai gâché, moi et moi seul qui suis à blâmer, et cela, je le sais, je ne cesse de m'en vouloir, de me blâmer, de me haïr. Elle et moi nous sommes côtoyés quelques mois, et ces mois n'étaient pas heureux pour moi. Ils étaient bien plus. C'était la première et sans doute dernière fois dans ma vie où je me sentais Vivant. Vraiment vivant, et heureux d'être en vie. Heureux que ma vie m'ait mené à ces instants à ses côtés, que la vie m'ait permis ces miracles, cette pure complétude que j'ai alors, grâce à sa présence à mes côtés, ressenti. Je sais que nous aurions pu être heureux, ensemble, se construire un monde de joies et d'amour, mieux que dans les livres, plus beau que dans mes rêves. Mais ces chances que j'ai eu, ces joies que j'ai touché, du doigt les ai gâté, et n'ai plus désormais que mes yeux pour pleurer. Alors j'ai pleuré. J'ai tenté de me relever, tenté d'espérer, de réapprendre à aimer, une autre, deux autres... Échec et échec, échec sur échec. Tenté de me consacrer aux études, consacrer aux passions. Échec et échec. Tenter d'oublier, tenter de vivre avec. Échec et échec.
Alors j'ai cessé, cessé de tout. Je me suis réfugié loin du monde réel, loin de tout et de tous. Même cela, la pire option, ne m'a aidé que temporairement.
Merci à toi d'avoir été aussi superbe et géniale, quand j'étais idiot et indécis.
Je t'aime, encore et toujours, et je te souhaite tout le bonheur du monde.