La nuit

Des regards jaillissent de la pénombre
Éclairant timidement leurs mains frêles.
Et dans un silence intemporel,
Les deux corps s’isolent dans l’ombre.

Les rues désertes longent la Seine
Et leurs rires en éclat cachent leur peine.
Ils se regardent comme perdus,
Deux étoiles, dans cette immense étendue.

Le son des carillons que l’écho amène au loin
Se dissipe dans la fumée de sa cigarette en lambeaux.
Et bien que l’air chaud vienne effleurer sa peau,
Un frisson parcourt alors son corps avec soin.

Mais le temps jalouse ces amants et s’étire :
Le silence se brise et le jour se lève.
Seule et pensive, elle ne peut fuir,
Et au dehors ce n’était qu’un mauvais rêve.