J'ai toujours rêvé de t'emmener au loin, de te détacher de ces ombres furtives, celles qui traversent le corps, mais dévorent l'esprit. Tu étais un ange épanoui, mais happée par l'horreur, tu t'es laissée tomber. Tu n'es plus qu'un morceau de chair évanoui. Comment faire fuir ceux qui veulent te tuer, t’assassiner, te mettre à terre? Mon esprit s'affaire, avec vigueur et colère: comment vaincre ces vipères? J'ai cru pendant un temps trop long que le monde nous accueillerait à bras ouvert, toi et moi, ou plutôt nous, une seule personne, moi. J'ai cru que les âmes seraient sincères, que j'avais protégé la mienne. Pourtant, mensonges, illusions, désillusions. A force de vouloir monter trop haut, on tombe trop bas.
Je rêve d'avancer, de faire un pas devant l'autre. Je rêve de rêver de jours meilleurs, d'entrevoir la lumière. Un air chaud caressant mes paupières, une main à qui se lier. Songes et mensonges se lient dans un lit ami. Mon corps est lourd et douloureux, c'est un autre que moi. On communique, on s'envoie des signaux, puis on s'oubli, lui et moi. L'obscurité prend trop de place, difficile de distinguer cauchemar et réalité. Ces ténèbres s'emparent de mon cœur à chaque pleur, chaque douleur. Je m'enfonce dans un tourbillon maudit, un tourbillon infini. Je perds mon être pour le céder au vide, à la maladie, à ce qui n'existe pas pour moi. Je rêve de ne plus me réveiller ou de me lever demain l'esprit libre, serein, éclairé.
Comment survivre à la haine qui s'installe? Comment détruire le désespoir? Comment vivre dans un monde fatal?