Tout le monde sait mais tout le monde se tait, tout le monde sait mais tout le monde fait l'autruche, tout le monde aime se terrer telles des bêtes, ça évite la réflexion, tout le monde sait mais personne ne veut entendre ni voir, personne ne veut quitter le réconfortant confort de la neutralité et du mensonge, personne ne veut prendre de risques, tout le monde désire être unique mais tout le monde est tout le monde, personne ne veut être tout le monde, mais tout le monde rejette d'un coup d'œil le marginal, personne ne souhaite lui ressembler, puis quand celui-ci disparaît, tout le monde le vénère, personne ne veut être oublié, tout le monde a le désir ardent de marquer l'Humanité, mais personne n'utilise une once de celle-ci, tout le monde veut l'éternité, mais à force d'être tout le monde, personne n'arrive à se retrouver, tout le monde se perd dans la masse, tout le monde devient une masse compacte, nébuleuse et grise, tout le monde meurt ensemble et personne n'y laisse sa trace.

Et moi la première.

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade »

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