Ellie. Elle s'appelle Ellie. Elle est belle aussi, très belle. Son visage a la teinte pâle et douce d'une rose blanche. Ses yeux sont semblables à deux opales étincelantes qui me rappellent le ciel. Sa bouche est une tulipe rouge qui s'ouvre en découvrant des dents blanches comme les nuages. Enfin, ses cheveux bouclés sont d'un brun chocolat. Son sourire, lui, est comme le soleil: lumineux. Ses baisers, quant à eux, sont pareils à la rosée: beaux, humides et délicats. J'aurais pu m'arrêter là mais ses mains ont des doigts fins, semblables à des fils de soie d'une douceur incroyable. Sa voix est agréable, calme et légèrement grave. Elle aime jouer du piano. Elle joue bien. Ce ne sont pas les cordes qui résonnent, ce sont ses doigts qui chantent. Ils courent sur le marbre blanc du piano gris. Et quand ils s'arrêtent, quand ils mettent fin à leur course effrénée pourtant délicate pour reprendre leur souffle, on voit s'envoler les pensées d'Ellie. Parfois, elle chante. Parfois, sa tête bat le rythme de ses symphonies. Parfois, sa jambes se trémousse sauvagement au bruit des pulsations de son coeur.

Elle aime lire aussi. Quand elle tourne les pages, on croit entendre les mots la supplier de revenir les lire. Les lunettes sur le bout de son nez rose lui donnent un air faussement sérieux. Elle n'est pas sérieuse. Loin de là.
Il arrive qu'elle écrive de la poésie. À ce moment-là, on dirait que la nature lui souffle un vent de mots mélodieux et harmonieux qui se couchent docilement sur le papier.
J'aime la voir se maquiller. Non pas qu'elle en aie besoin mais j'aime la contempler quand elle exécute ses grimaces nécessaires à la pose de son rouge à lèvres tulipe.
Quand elle dort, j'ai du mal à me l'avouer mais je l'admire. Sur se paupières se dessinent les rêves enfouis dans son esprit, les désirs irréels d'une nuit. Elle a peur du noir. Elle pense aux monstres, cachés près de son coeur. Et puis elle pense que dormir est une perte de temps. Je dirais qu'elle ment. À la tête qu'elle fait chaque matin.
Enfin, elle dessine. Elle dessine merveilleusement bien. Elle ne réfléchi pas, tout vient ainsi. Ses mains l'entrainent dans des danses plus ou moins rapides et rythmées. Le crayon ne crisse pas sur le papier, il lui obéit, comme appartenant à son corps, comme étant le prolongement de sa main. Il effectue des courbes, des lignes tracées d'un seul geste sur la fine feuille de papier.
Finalement, elle rie, et son rire est comme le lever du soleil, doux et léger.

Il m'arrive de penser qu'elle n'est pas réelle, qu'une personne comme elle n'est pas de ce monde alors, à ce moment-là, elle place ses bras de chaque côté de mon torse et me murmure des mots doux à l'oreille. Alors je suis obligé de la croire. Obligé de savoir qu'elle est réelle mais surtout mortelle. Obligé de comprendre que je ne la mérite pas. Obligé aussi d'accepter que je l'aime éperdument et irrémédiablement.

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J'espère que ça vous a plut, si oui, heartez ! :)