Y a bien cette fille a la fac.
Elle a de longs cheveux noirs ou bien bruns j'sais pas trop.
J'la croise tout les matins et c'est la force de l'habitude qui me fait me souvenir d'elle.
C'est pas son physique commun qui la zappe de la mémoire des gens, plutôt cette impression diffuse de dissolution dans l'air ambiant.
C'est un peu comme regarder un fantôme, et puis voir à travers.
Elle est une figurante dans sa propre vie.
En y réfléchissant j'me dis qu'elle a un nom
puis des amis
et une famille
qu'il lui ai peut être arrivé de tomber amoureuse
et peut être qu'après elle a pleuré
ou alors hurlé,
qu'elle a des sentiments,
des trucs qui brûlent la poitrine,
font bouillir ton cerveau,
serrent la gorge et papillonnent dans le cœur,
mais quand on la r'garde on dirait pas.
Petite personne diaphane et floue qui passe le matin comme une nappe de brouillard avant de s'en aller ou peut-être de disparaître.

Marion Baque